Maroc : 17 usines de dessalement en service

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Maroc : 17 usines de dessalement en service

Le Maroc dispose désormais de 17 usines de dessalement déjà opérationnelles, qui deviennent un pilier central de sa stratégie pour sécuriser l’eau potable et faire face à la sécheresse persistante. Cette montée en puissance s’inscrit dans un programme national ambitieux visant à porter la capacité totale de dessalement à près de 1,7 à 2,1 milliards de m³ par an à l’horizon 2030.

Contexte : le stress hydrique au Maroc

Le Maroc fait face à une succession d’années de faible pluviométrie, mettant sous pression les barrages, les nappes phréatiques et l’approvisionnement en eau des villes comme des zones rurales. Dans ce contexte, le dessalement de l’eau de mer est présenté par les autorités comme une solution stratégique pour garantir la souveraineté hydrique du Royaume à long terme.

17 usines de dessalement déjà opérationnelles

Selon les données du ministère de l’Eau et de l’Équipement, 17 usines de dessalement sont aujourd’hui en service dans différentes régions du pays. Ces unités contribuent à l’alimentation en eau potable de plusieurs grandes agglomérations et centres touristiques, tout en soulageant la pression sur les ressources en eau douce continentales.

Parmi les stations emblématiques déjà opérationnelles figurent notamment les unités d’Agadir, Laâyoune, Jorf Lasfar (OCP) ou encore plusieurs stations mobiles dans la région Casablanca-Settat, qui ont déjà permis d’éviter des pénuries dans certaines provinces. Au total, des centaines de milliers de familles bénéficient déjà directement de cette nouvelle offre en eau dessalée.

Capacités actuelles et objectifs à l’horizon 2030

Actuellement, la capacité installée de dessalement au Maroc se chiffre à plusieurs centaines de millions de m³ par an, avec une trajectoire clairement orientée vers les 1,7 à 2,1 milliards de m³ annuels d’ici 2030. Ce saut quantitatif repose sur la combinaison des 17 usines déjà achevées et de 13 nouvelles usines planifiées ou en cours de construction, notamment à Casablanca, Rabat, Nador, Safi et Dakhla.

L’objectif est double : sécuriser l’eau potable des grandes métropoles et soutenir l’irrigation agricole dans les régions côtières, afin de préserver les nappes et barrages pour d’autres usages stratégiques. À Casablanca, par exemple, la future méga-station visera à produire à terme près de 300 millions de m³ par an, ce qui en fera l’une des plus grandes installations de dessalement d’Afrique.

Rôle des énergies renouvelables et de l’innovation

Le Maroc cherche à développer un modèle de dessalement durable, en réduisant au maximum l’empreinte carbone de ces installations énergivores. Plusieurs stations, comme celle d’Agadir, intègrent déjà massivement les énergies renouvelables (solaire, éolien) pour alimenter les unités d’osmose inverse, technologie privilégiée dans le pays.

Au-delà de l’énergie verte, les autorités encouragent aussi l’innovation technologique et la montée en compétence des industriels locaux afin de bâtir une véritable filière nationale du dessalement. Le développement de solutions modulaires, d’unités mobiles et de technologies sobres en énergie illustre cette volonté de concilier sécurité hydrique, maîtrise des coûts et respect de l’environnement.

Impacts économiques, sociaux et opportunités d’investissement

L’extension rapide des usines de dessalement crée des opportunités importantes pour les entreprises marocaines et étrangères spécialisées dans l’ingénierie, les membranes, la maintenance ou les énergies renouvelables. Ces projets génèrent également des emplois qualifiés, stimulent la formation d’ingénieurs et de techniciens et renforcent la base industrielle du pays autour de la gestion de l’eau.

Sur le plan social, l’accès plus sécurisé à l’eau potable dans les villes côtières et certaines zones rurales contribue à améliorer la qualité de vie, à soutenir le développement touristique et à limiter les risques de pénuries et de restrictions sévères. À moyen terme, la stratégie de dessalement vise ainsi à renforcer la résilience du Maroc face au changement climatique tout en consolidant son attractivité pour les investissements productifs.

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