Le Cameroun lance quatre projets verts financés à hauteur de 60 millions USD (33,2 milliards FCFA) dans le cadre d’un partenariat avec l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI). Cette initiative pilote, couvrant 2025-2028, vise à concilier agriculture durable et préservation du bassin du Congo face à la déforestation galopante.
Détails des quatre projets
Le ministère camerounais de l’Économie a officialisé le 20 février 2026 à Yaoundé le démarrage opérationnel de ces programmes, avec des bailleurs comme la GIZ, le FIDA et la KfW.
- Projet 1 (GIZ, 9,5 milliards FCFA) : Favorise le dialogue intersectoriel et l’alignement des politiques publiques sur les forêts, l’agriculture et l’aménagement du territoire.
- Projet 2 (FIDA, 12 milliards FCFA) : Soutient l’intensification agroécologique dans les zones rurales pour limiter l’expansion agricole extensive, responsable de plus de 60% de la déforestation.
- Projet 3 (KfW, 11 milliards FCFA, jusqu’en 2029) : Gestion intégrée du paysage du Grand Mbam, testant la conciliation entre production agricole, conservation forestière et développement local.
- Projet 4 (GIZ, 4 milliards FCFA) : Renforce les capacités en aménagement du territoire, appuie les plans locaux d’affectation des terres et prépare le troisième inventaire forestier national.
Ces initiatives visent à stopper et inverser la perte de couvert forestier, en favorisant la régénération naturelle et la protection des zones humides.
Enjeux de la déforestation au Cameroun
Le Cameroun perd annuellement environ 110 000 hectares de forêts, principalement dues à l’agriculture extensive et à l’orpaillage artisanal. Dans l’Est, comme dans le département de la Kadey, l’orpaillage a explosé de 5 490% entre 2010 et 2024, convertissant 2 025 hectares de terres arables et 2 614 hectares de forêts en sites miniers.
Ces pressions accentuent l’insécurité alimentaire et dégradent les écosystèmes, rendant urgente une transition vers des modèles durables.
Impact économique et stratégique
Ces projets s’inscrivent dans la Stratégie Nationale de Développement 2030, visant à améliorer les revenus ruraux, créer des emplois et réduire la pauvreté en zones forestières. La phase pilote (2025-2028) conditionne des financements futurs plus massifs, potentiellement jusqu’à 1 500 milliards FCFA via CAFI.
En ciblant l’intensification agricole sans expansion des surfaces, ils cherchent à générer des revenus via une exploitation durable, tout en alignant le Cameroun sur les engagements climatiques internationaux (REDD+). Le succès dépendra de la gouvernance locale et de la coordination intersectorielle pour contrer les activités illégales comme l’orpaillage.





