Le Cameroun quantifie pour la première fois son économie bleue, qui pèse déjà 5,8% du PIB et génère 22 600 milliards FCFA de richesses écosystémiques, selon une étude soutenue par la CEA.
Une économie bleue chiffrée pour la première fois
Longtemps reléguée au rang de secteur diffus, l’économie bleue camerounaise bénéficie enfin d’une évaluation statistique rigoureuse. Réalisée avec l’appui de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et du ministère camerounais de l’Économie, cette étude révèle que le secteur contribue à hauteur de 5,8% au PIB national et à près de 3% de l’emploi total.
Contribution actuelle et potentiel inexploité
L’agriculture, la sylviculture et la pêche représentent à elles seules 68,28% de la valeur ajoutée brute de l’économie bleue, soulignant une forte dépendance aux activités primaires. Ces chiffres mettent en lumière un potentiel largement sous‑exploité, allant bien au-delà de la pêche et des hydrocarbures offshore pour englober l’ensemble des services écosystémiques marins et côtiers.
22 600 milliards FCFA de services écosystémiques
La valeur des services rendus par les écosystèmes bleus – régulation climatique, protection côtière, biodiversité – est estimée à 22 600 milliards FCFA, soit un actif stratégique souvent invisible dans les comptes publics nationaux. Cette première quantification marque une rupture méthodologique et fournit un socle statistique harmonisé pour orienter les politiques publiques.
Atelier de Yaoundé : naissance d’un comité technique
Du 27 au 30 janvier 2026, un atelier de haut niveau à Yaoundé a réuni près de 40 experts nationaux issus des secteurs de la pêche, du tourisme, de l’énergie, de l’environnement et des statistiques. Formés à l’évaluation de l’économie bleue, ces spécialistes forment désormais le comité technique chargé d’élaborer la future stratégie nationale du secteur.
Perspectives pour une stratégie nationale
Cette évaluation constitue un jalon décisif pour structurer l’économie bleue comme pilier du développement camerounais. Elle ouvre la voie à une montée en gamme des activités primaires, au développement du tourisme côtier et à une meilleure valorisation des ressources énergétiques offshore et halieutiques.
Enjeux pour le développement durable
Face à ce potentiel, le Cameroun devra relever plusieurs défis : renforcer la gouvernance des ressources marines, investir dans la formation et promouvoir une exploitation durable compatible avec les objectifs climatiques. L’intégration de la valeur écosystémique dans les comptes nationaux pourrait également transformer la perception des océans comme levier économique majeur pour l’Afrique centrale.





