Le Congo-Brazzaville et le Sénégal renforcent leur coopération bilatérale à travers une série d’accords concrets et la réactivation de mécanismes institutionnels, visant à dynamiser les échanges économiques et sectoriels entre les deux nations.
Une visite qui relance la dynamique bilatérale
La récente visite de travail du Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso à Dakar a marqué un tournant dans les relations sénégalo-congolaises.
Les deux chefs de gouvernement, Ousmane Sonko pour le Sénégal et son homologue congolais, ont tenu une conférence de presse conjointe pour annoncer la relance de la coopération, gelée depuis plusieurs années.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte de volonté partagée de dépasser les protocoles pour passer à des actions tangibles, après une pause de plus de 30 ans dans les réunions de la Commission mixte.
Accords signés et secteurs prioritaires
Plusieurs accords ont été signés ou sont en voie de ratification, couvrant des domaines stratégiques :
- Sécurité et défense : Un accord de coopération militaire et technique, ratifié récemment par le Sénégal, pour des échanges d’expertise et de formation.
- Enseignement supérieur et culture : Partenariats pour la mobilité étudiante, les échanges universitaires et la promotion culturelle mutuelle.
- Transports et énergie : Discussions sur l’interconnexion électrique (projet Socelec/Senelec) et la mutualisation des compétences dans la distribution d’énergie.
- Commerce et finances : Création d’un comité ad hoc pour explorer l’agriculture, les zones économiques spéciales et la gestion de la dette.
La prochaine session de la Commission mixte paritaire se tiendra à Brazzaville, pour concrétiser ces engagements.
Pourquoi cette coopération compte pour l’Afrique
Au-delà des deux pays, cette relance illustre une tendance plus large : l’intensification des partenariats intra-africains pour contourner les chaînes de valeur mondiales et favoriser l’intégration économique.
Le Sénégal, hub ouest-africain en énergie et logistique, et le Congo, riche en hydrocarbures et forêts, peuvent se compléter : exportations congolaises vers l’Afrique de l’Ouest, expertise sénégalaise en énergies renouvelables et numérique vers le Bassin du Congo.
Les deux Premiers ministres ont insisté sur l’implication des PME, des jeunes entrepreneurs et la valorisation des productions locales, alignées sur la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).
Défis et perspectives pour 2026
- Malgré l’élan, des obstacles persistants : faible volume des échanges actuels, infrastructures logistiques limitées et divergences réglementaires dans l’énergie.
- Le comité ad hoc a annoncé aura un rôle clé pour identifier des projets phares, comme l’extension de Senelec au Congo ou des joint-ventures agricoles.
Si Brazzaville et Dakar parviennent à traduire ces accords en investissements concrets, cette coopération pourrait devenir un modèle pour d’autres duos Afrique centrale/Ouest : souveraineté économique renforcée, transferts de technologies et croissance partagée.





