Le Botswana et le Rwanda viennent de franchir un nouveau cap dans leur coopération économique et diplomatique. À l’issue d’une visite d’État de Paul Kagame à Gaborone, les deux pays ont signé six accords bilatéraux visant à supprimer les freins au commerce, à attirer les investissements et à faciliter la mobilité de leurs citoyens.
Ces textes, signés en présence des présidents Paul Kagame et Duma Boko, marquent une étape importante dans une relation bilatérale qui s’est considérablement renforcée depuis 2019.
Quels sont les 6 accords signés ?
Les six accords couvrent plusieurs volets clés de la coopération entre Gaborone et Kigali :
- facilitation des visas et mobilité des personnes ;
- aviation civile et connectivité aérienne ;
- double imposition et cadre fiscal pour les investissements ;
- commerce, investissement et partenariats économiques ;
- santé publique et coopération sectorielle ;
- un protocole d’entente entre le Centre d’investissement et de commerce du Botswana et le Rwanda Development Board (RDB).
Ces instruments visent précisément à créer un environnement plus prévisible pour les acteurs économiques et à réduire les coûts de transaction liés aux échanges entre les deux pays.
Simplification des visas et mobilité des citoyens
L’un des volets les plus symboliques concerne la facilitation des visas. Un accord prévoit une meilleure réciprocité et de nouvelles conditions d’entrée et de séjour, avec par exemple des séjours pouvant aller jusqu’à six mois pour certains ressortissants, selon les modalités réciproques.
Cette coordination dans le domaine des visas devrait encourager non seulement les déplacements touristiques, mais aussi les échanges commerciaux, les délégations d’affaires et la circulation des cadres et entrepreneurs.
Connectivité aérienne et commerce régional
Le texte sur l’aviation civile vise à renforcer la connectivité aérienne entre le Botswana et le Rwanda, deux pays auparavant peu reliés directement par des vols commerciaux réguliers. Une meilleure offre de liaisons aériennes est un levier direct pour accélérer les échanges de biens, de services et de capitaux, tout en renforçant l’intégration régionale.
Pour les transporteurs aériens, les opérateurs logistiques et les entreprises tournées vers l’export, cette ouverture potentielle de nouveaux tronçons pourrait réduire fortement les délais et les coûts de transport entre les deux économies.
Lutte contre la double imposition et climat des affaires
L’accord sur la double imposition vise à éviter que les entreprises et les investisseurs opérant simultanément dans les deux pays soient taxés deux fois sur les mêmes revenus. C’est un levier concret pour améliorer la lisibilité fiscale et encourager les flux d’investissements privés.
Paul Kagame a souligné que l’objectif est de supprimer les obstacles et de créer un environnement plus prévisible pour l’investissement et la collaboration, ce qui rejoint la stratégie de Kigali de positionner le Rwanda comme plaque tournante des investissements africains.
Accords sur le commerce, l’investissement et les partenariats économiques
Le protocole d’accord signé entre le Centre d’investissement et de commerce du Botswana et le Rwanda Development Board (RDB) vise à structurer et à accélérer les partenariats économiques bilatéraux. Les deux institutions s’engagent à faciliter la mise en relation des filières agricoles, industrielles et de services, ainsi que les projets d’infrastructure et de sécurité alimentaire.
Les autorités botswanaises reconnaissent que le Rwanda a beaucoup à apprendre de leur voisine, tout en soulignant que le Botswana peut aussi transmettre des expériences en matière de diversification, de gouvernance et de gestion des ressources.
Un rapprochement stratégique au‑delà de l’économie
Derrière ces accords économiques se dessine un rapprochement stratégique plus large entre deux pays qui ne sont pas contigus mais qui partagent une ambition commune de jouer un rôle influent dans la région. Le Botswana cherche à élargir ses partenariats au‑delà de l’Afrique australe, tandis que le Rwanda renforce son positionnement comme hub diplomatique et économique en Afrique centrale et de l’Est.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays africains privilégient désormais des alliances bilatérales ciblées, complémentaires aux grands blocs régionaux, pour stimuler les échanges et la mobilité.
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