L’Organisation des Îles Vanille obtient un certificat de contribution à la neutralité carbone dans le cadre du Label bas-carbone français, qu’elle présente comme la première certification bas-carbone revendiquée par une organisation touristique de l’océan Indien, et l’inscrit au cœur de la …
L’Organisation des Îles Vanille (Vanilla Islands Organisation, VIO), qui regroupe les offices de tourisme de Madagascar, Maurice, La Réunion, Mayotte, les Seychelles et l’Union des Comores, a annoncé le 18 juin 2026 avoir obtenu un certificat de contribution à la neutralité carbone délivré dans le cadre du Label bas-carbone, dispositif officiel de l’État français, pour un projet de tourisme durable commun, qu’elle présente comme la première certification bas-carbone revendiquée par une organisation touristique de l’océan Indien . L’Organisation des Îles Vanille indique que ce certificat de contribution à la neutralité carbone, obtenu au titre du Label bas-carbone, vient reconnaître un projet collectif de réduction et de compensation des émissions lié à la promotion touristique inter-îles.
Pour les destinations de la zone – Madagascar (MG), Maurice (MU), Seychelles (SC), Mayotte (YT) et La Réunion (RE) – cette reconnaissance s’inscrit dans la montée en puissance des critères environnementaux dans les flux aériens et la distribution touristique, et dans la nécessité pour les îles de défendre une croissance touristique compatible avec la transition climatique et les vulnérabilités littorales . L’annonce relayée par les acteurs touristiques de Mayotte souligne que la certification bas-carbone intervient dans un contexte où la destination Îles Vanille cherche à structurer une offre commune d’« expériences bas carbone » pour l’océan Indien, en valorisant notamment les séjours plus longs, les circuits inter-îles et les services labellisés durables.
Un label d’État qui crédibilise la démarche des îles
Créé par décret en 2018 et actualisé en 2025, le Label bas-carbone encadre des méthodes de calcul et de vérification des réductions d’émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français, ouvrant la voie à la délivrance de certificats de projets éligibles, notamment dans l’agriculture, la forêt, le bâtiment ou la mobilité.Le décret n° 2018-1043 du 28 novembre 2018, modifié par le décret n° 2025-917 du 5 septembre 2025, définit le cadre juridique du Label « Bas-Carbone » et précise les conditions de validation des projets de réduction ou de séquestration d’émissions sur le territoire français, y compris en Outre-mer.
En s’inscrivant dans ce référentiel d’État, l’Organisation des Îles Vanille arrime sa stratégie bas-carbone à un outil reconnu par les investisseurs institutionnels, les compagnies aériennes et les grands voyagistes. Cela peut faciliter la mobilisation de financements climat et l’intégration de la destination dans les portefeuilles de tourisme durable. La VIO présente ce certificat comme une étape supplémentaire de sa politique de tourisme durable, en complément de ses actions communes de promotion de la destination océan Indien et de la structuration d’une offre touristique inter-îles.
Une gouvernance régionale déjà structurée autour des Îles Vanille
L’initiative s’appuie sur une gouvernance régionale qui existe depuis plus d’une décennie. Les offices de tourisme des îles de l’océan Indien ont décidé en 2010 de créer la marque commune « Les Îles Vanille » afin de renforcer la visibilité internationale de la région et de promouvoir des combinés inter-îles. Les représentants des offices de tourisme de La Réunion, Maurice, Seychelles, Madagascar, Comores et Mayotte ont formalisé la marque « Les Îles Vanille » lors d’une réunion organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion le 4 août 2010, avec pour objectif de peser davantage sur les marchés émetteurs à travers une bannière commune.
Ce socle institutionnel a été pleinement mobilisé pour porter un projet bas-carbone à l’échelle de l’archipel, dans un contexte où les stratégies nationales et territoriales en matière de climat convergent vers des trajectoires plus sobres en carbone. L’affiliation « Vanilla Islands » regroupe aujourd’hui les destinations Seychelles, Madagascar, La Réunion, Maurice, Comores et Mayotte en tant que marque de destination commune pour l’océan Indien, ce qui permet d’aligner des initiatives transfrontalières, y compris en matière de durabilité.
Enjeux économiques pour Mayotte, La Réunion, Maurice, Madagascar et les Seychelles
Pour les autorités locales, la certification a vocation à devenir un levier de positionnement concurrentiel autant qu’un outil de gestion des risques climatiques. Dans les territoires français de Mayotte et La Réunion, la transition bas-carbone est déjà identifiée comme un axe structurant des stratégies de développement. La stratégie 2022‑2026 de l’Agence française de développement pour Mayotte souligne la nécessité d’accompagner le territoire vers une trajectoire de développement résiliente et bas-carbone, notamment via des investissements ciblés dans les filières du tourisme, de l’économie circulaire et de l’énergie.
Au-delà de la conformité réglementaire, l’enjeu pour les ministères du Tourisme et les agences de promotion réside dans la capacité à transformer ce certificat en produits concrets pour les marchés européens et asiatiques : forfaits intégrant des mobilités sobres sur place, séjours plus longs valorisant la réduction des vols, ou encore soutien à des hébergements engagés dans des démarches de performance énergétique. Les responsables de la VIO mettent en avant la volonté de renforcer une offre de tourisme durable, en lien avec les opérateurs privés des six îles membres, afin de faire de la certification bas-carbone un argument de vente sur les marchés internationaux.
Prochaines étapes : méthodologies sectorielles et projets pilotes
La délivrance du certificat ouvre un cycle de travail plus technique : définition de méthodologies communes pour les hébergements, les excursions maritimes ou les événements, articulation avec les plans climat locaux et déploiement de projets pilotes susceptibles de générer de nouveaux certificats. Le dispositif Label bas-carbone prévoit l’agrément de méthodes par secteur d’activité, condition pour qu’un projet puisse prétendre à la délivrance de certificats attestant de réductions d’émissions réellement mesurables et vérifiées.
Pour les financiers et les opérateurs touristiques de la région, la trajectoire sera jugée à l’aune de la capacité des Îles Vanille à agréger d’autres projets éligibles (infrastructures d’hébergement, mobilités touristiques, gestion des espaces naturels), et à inscrire cette dynamique dans les stratégies nationales bas-carbone de Madagascar, Maurice, Seychelles et des départements d’outre‑mer français. Les acteurs économiques de Mayotte voient dans cette première certification une opportunité de consolider une transition écologique au service du développement économique insulaire, dans un cadre partagé avec les autres membres des Îles Vanille.
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