Le gouvernement malgache, via une communication officielle le 1er novembre 2025, a pris la décision de ne pas exercer la présidence tournante de la SADC, alors que l’ancien Président Andry Rajoelina devait en principe en prendre la tête jusqu’en juillet 2026. Cette renonciation découle du fait que le pays faisait face à une vague de manifestations et à une crise politique majeure depuis septembre, entraînant la dissolution des principales institutions étatiques par les forces armées.
Un recentrage sur la refondation nationale
Face à l’instabilité, les nouvelles autorités malgaches affichent leur volonté de tourner la page institutionnelle et d’entamer un vaste processus de refondation. L’objectif est la rédaction d’une nouvelle constitution, l’instauration de bases démocratiques plus solides, et la préparation de textes électoraux et référendums pour une organisation des élections dans un délai annoncé de deux ans. Ce processus doit rassembler l’ensemble des forces vives de la nation, favoriser le dialogue et obtenir le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Réactions de la SADC et implications régionales
La SADC a pris acte de la décision malgache avec préoccupation, rappelant la gravité de la situation et son attachement aux principes de paix, d’unité et de gouvernance démocratique. L’organisation régionale a appelé toutes les parties à participer à la retenue, au dialogue pacifique et au respect du processus institutionnel engagé pour éviter une crise prolongée et préserver la cohésion régionale. La Troïka de la SADC assure dès lors l’intérim de la présidence pour garantir la continuité des travaux et le maintien de la stabilité institutionnelle.
Enjeux géopolitiques et diplomatiques
Le retrait de Madagascar de la présidence de la SADC marque un tournant dans la diplomatie régionale. D’un rôle central dans la promotion de la stabilité et de l’intégration économique, la Grande Île se concentre désormais sur ses défis internes, tout en gardant la porte ouverte à la coopération internationale pour l’accompagnement du processus de refondation. Ce choix, s’il affaiblit temporairement son influence régionale, souligne sa priorité à la reconstruction nationale.
Madagascar vers une nouvelle ère
En renonçant à la présidence de la SADC, Madagascar privilégie une démarche tournée vers la reconstruction institutionnelle et la paix sociale, espérant qu’une refondation profonde permettra au pays de retrouver sa stabilité et son rayonnement régional à moyen terme.
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