La BAD accorde un financement de 7,41 millions USD destiné à achever une centrale hydroélectrique au fil de l’eau et les infrastructures de transport associées, afin de renforcer l’accès à une électricité propre, fiable et abordable pour les ménages et les entreprises libériens. Ce projet s’inscrit dans la stratégie du pays de réduire sa dépendance au thermique diesel, coûteux et polluant, tout en améliorant la compétitivité de l’économie.
Un appui de la BAD pour finaliser une centrale stratégique
Le financement de 7,41 millions de dollars provient du Fonds africain de développement, la fenêtre concessionnelle du Groupe de la Banque africaine de développement dédiée aux pays à faible revenu. Il permettra de boucler la mise en service d’une centrale hydroélectrique au fil de l’eau, ainsi que la réalisation d’infrastructures associées comme une ligne d’évacuation de 33 kilovolts d’environ 8 km et deux postes de transformation.
Selon la BAD, ce soutien doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement électrique du Libéria tout en réduisant le recours aux générateurs privés fonctionnant aux carburants fossiles, très répandus dans le pays. À terme, le projet doit renforcer la résilience du secteur énergétique et accompagner l’extension du réseau vers des zones encore non desservies.
Une centrale hydroélectrique au fil de l’eau : quels avantages pour le Libéria ?
La centrale financée est de type « run-of-river » (au fil de l’eau), ce qui signifie qu’elle utilise le débit naturel de la rivière sans nécessiter un grand barrage de retenue. Ce choix technologique limite l’empreinte environnementale du projet, réduit les risques de déplacement de populations et accélère les délais de construction par rapport aux grands ouvrages hydroélectriques classiques.
Pour le Libéria, l’hydroélectricité offre plusieurs atouts : un coût de production plus stable que les centrales thermiques, une réduction des importations de carburant et une baisse des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité. Elle permet également de mieux valoriser le potentiel hydrographique du pays, déjà mobilisé dans d’autres projets soutenus par des bailleurs internationaux.
Impact attendu sur l’accès à l’énergie et le développement local
En améliorant la capacité de production et la qualité de l’électricité fournie, le projet doit favoriser le raccordement de nouveaux ménages, d’écoles, de centres de santé et de petites entreprises aux réseaux formels. Les autorités libériennes espèrent ainsi réduire progressivement le recours aux solutions informelles et coûteuses comme les mini-groupes électrogènes ou les systèmes non réglementés.
Le renforcement de l’offre énergétique est également présenté comme un levier pour attirer davantage d’investissements privés dans des secteurs tels que l’agro-industrie, les services et les industries de transformation. Une électricité plus fiable et plus abordable peut en effet améliorer la compétitivité des entreprises locales, soutenir la création d’emplois et stimuler la croissance inclusive.
Un projet inscrit dans la stratégie régionale d’interconnexion
La centrale et ses lignes d’évacuation doivent aussi être connectées à une ligne de transmission transfrontalière, ce qui favorise l’intégration du Libéria aux échanges d’électricité dans la sous-région ouest-africaine. Ce maillage renforcé est en phase avec les objectifs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) visant à développer un marché régional de l’électricité plus intégré et plus résilient.
Cette dimension régionale devrait permettre au Libéria d’optimiser ses échanges d’énergie avec les pays voisins, en important en cas de déficit et en exportant l’excédent lorsque la production hydroélectrique sera plus abondante. À terme, l’interconnexion contribue à sécuriser l’approvisionnement, mutualiser les capacités et réduire les coûts de production pour les consommateurs.
Chiffres clés du projet
Montant du financement : 7,41 millions de dollars de la BAD, via le Fonds africain de développement.
Type d’ouvrage : centrale hydroélectrique au fil de l’eau (run-of-river).
Infrastructures associées : ligne d’évacuation 33 kV d’environ 8 km et deux postes de transformation.
Objectif principal : accroître l’accès à une électricité fiable, propre et abordable pour les ménages et les entreprises libériens.
Dimension régionale : connexion à une ligne de transmission transfrontalière dans le cadre de l’intégration électrique ouest-africaine.
Enjeux pour la transition énergétique en Afrique de l’Ouest
Ce nouveau financement confirme le rôle central de la BAD dans le développement des infrastructures énergétiques vertes en Afrique de l’Ouest. L’institution multiplie les projets hydroélectriques, solaires et de renforcement des réseaux afin d’accompagner la transition énergétique des pays membres tout en soutenant leur développement économique.
Pour le Libéria, ce projet vient compléter d’autres programmes d’énergies renouvelables et d’électrification rurale portés par des partenaires techniques et financiers. Il contribue ainsi à la réalisation des objectifs nationaux d’accès universel à l’électricité et aux engagements climatiques pris dans le cadre de l’Accord de Paris.
Conclusion
En mobilisant 7,41 millions de dollars pour achever une centrale hydroélectrique au fil de l’eau et ses infrastructures, la BAD renforce la trajectoire de transition énergétique du Libéria et la fiabilité de son système électrique. Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’énergie, ce projet porte des enjeux de développement local, de compétitivité économique et d’intégration régionale au marché de l’électricité ouest-africain.
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