Le Kenya accélère sa stratégie énergétique avec un méga-projet de centrale électrique au gaz naturel de 1,2 GW à Dongo Kundu, près de Mombasa. Estimé à 2,9 milliards USD, ce développement public-privé vise à combler le déficit énergétique face à une demande qui explose, passant de 1 800 MW en 2018 à plus de 2 400 MW en 2025.
Contexte énergétique : une demande en pleine explosion
Le Kenya fait face à une croissance record de la consommation électrique, portée par l’électrification rurale, l’industrialisation et l’essor des data centers. Le pic de demande a atteint 2 439 MW en décembre 2025, dépassant les capacités actuelles de 3 200 MW connectées au réseau national.
La centrale de Dongo Kundu, alimentée au GNL importé, permettra :
- D’ajouter 300 MW d’ici 2027 et 300 MW supplémentaires en 2028
- De stabiliser le réseau lors des pics de consommation grâce à la flexibilité du gaz
- De soutenir l’objectif de 15 GW de capacité installée d’ici 2030
Localisation stratégique à Dongo Kundu
Le choix de Dongo Kundu, dans la zone économique spéciale de Mombasa, n’est pas anodin. Cette plateforme industrielle en pleine expansion abrite déjà des usines et attire les investisseurs étrangers. La centrale gazière deviendra son moteur énergétique principal, créant un écosystème industriel intégré.
KenGen (société publique d’électricité) pilotera le projet avec des investisseurs privés via un partenariat public-privé (PPP). Le gouvernement recrute actuellement des conseillers financiers pour structurer cette opération d’envergure.
Financement et calendrier ambitieux
Avec un coût de 2,9 milliards USD (375 milliards KES), le projet nécessitera une ingénierie financière complexe : garanties souveraines, contrats d’achat d’électricité à long terme et financements multilatéraux. Le processus de structuration transactionnelle est en cours, avec une mise en service espérée entre 2030 et 2032.
Implications régionales et défis à relever
Ce projet positionne le Kenya comme hub énergétique est-africain, alimentant potentiellement la Tanzanie et l’Ouganda via les interconnexions régionales. Il soutiendra aussi la ZLECAF en réduisant les coûts de production industrielle.
Les défis majeurs :
- Dépendance au GNL importé (pas de production domestique)
- Respect des engagements climatiques face à un projet émetteur
- Coordination avec le projet nucléaire de 2 GW prévu à long terme
Ce projet de 1,2 GW marque un tournant dans la stratégie énergétique kényane : pragmatisme gazier pour sécuriser la croissance, tout en gardant le cap sur les renouvelables. Reste à transformer l’ambition en réalité concrète.





