Coopération énergétique Niger – Algérie : Nouvelle centrale de 40 MW

Home > Blog > Energie > Coopération énergétique Niger – Algérie : Nouvelle centrale de 40 MW

Coopération énergétique Niger – Algérie : Nouvelle centrale de 40 MW

Le Niger et l’Algérie ont lancé la construction d’une centrale électrique au gaz de 40 MW à Niamey, destinée à sécuriser l’alimentation de la capitale et à renforcer la souveraineté énergétique du pays. Ce projet, porté par Sonelgaz et NIGELEC, doit entrer en service d’ici fin juin 2026 et s’inscrit dans le rapprochement stratégique entre Alger et Niamey.

Contexte énergétique du Niger

Le Niger dépend encore fortement des importations d’électricité, alors même que la demande augmente avec la croissance urbaine et démographique. En 2022, le taux d’accès à l’électricité n’était que de 19,5%, illustrant l’ampleur du déficit énergétique à combler pour soutenir le développement économique et social.

Depuis l’embargo imposé au pays, les autorités nigériennes ont fait de l’« indépendance énergétique » un axe central de leur stratégie, avec pour objectif de réduire drastiquement la part des importations dans la consommation nationale. L’effort porte à la fois sur de nouveaux moyens de production et sur la diversification des partenariats, notamment avec des voisins comme l’Algérie.

Caractéristiques de la centrale de 40 MW

La nouvelle centrale dite de « Solidarité algéro-nigérienne » sera implantée sur le site de Gourou Banda, à Niamey. Le projet prévoit l’installation de deux turbines à gaz de 20 MW chacune, portant la capacité totale à 40 MW supplémentaires pour le réseau nigérien.

La mise en service est annoncée pour la fin juin 2026, ce qui en fait un projet à horizon court terme dans le portefeuille d’infrastructures énergétiques du pays. L’ouvrage viendra renforcer les capacités existantes de la centrale de Gourou Banda et améliorer la stabilité du réseau, en particulier dans la capitale où la demande est la plus concentrée.

Un projet au cœur de la coopération Niger – Algérie

Le projet est l’aboutissement d’un mémorandum d’entente signé entre le groupe public algérien Sonelgaz et la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC), après des échanges entamés dès 2024. Il a été officiellement lancé sur instruction du président algérien Abdelmadjid Tebboune, à la suite de la visite du chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, en Algérie en février 2026.

La pose de la première pierre s’est tenue le 24 mars 2026 à Niamey, en présence des Premiers ministres Ali Mahaman Lamine Zeine et Sifi Ghrieb, ainsi que de membres des deux gouvernements. Pour Niamey, les autorités présentent cette centrale non comme un simple don, mais comme un levier concret de partenariat pour accompagner l’engagement du Niger vers l’autonomie énergétique.

Impact attendu pour Niamey et l’économie nigérienne

Avec 40 MW de capacité additionnelle, la centrale doit contribuer à réduire les coupures d’électricité récurrentes à Niamey et à sécuriser l’alimentation des ménages, des services publics et des entreprises. Une meilleure qualité de service électrique est cruciale pour l’industrialisation, l’essor des services numériques et l’attractivité de la capitale pour les investisseurs.

Ce renforcement de l’offre locale permet également de limiter, à terme, la facture des importations d’énergie et d’améliorer la résilience du pays face aux chocs géopolitiques régionaux. À plus long terme, les autorités présentent ce projet comme une étape intermédiaire avant un mix plus diversifié, intégrant davantage de solaire et de nouvelles capacités de production intérieure.

Enjeux et perspectives à moyen terme

Au-delà de l’apport purement quantitatif en mégawatts, la centrale de Niamey symbolise un repositionnement du Niger dans ses alliances énergétiques et économiques. La coopération renforcée avec l’Algérie ouvre la voie à d’autres projets conjoints dans l’énergie et les infrastructures, alors que le Sahel cherche de nouveaux équilibres politiques et financiers.

Le principal enjeu réside désormais dans le respect du calendrier, la disponibilité du gaz et la capacité à intégrer ces 40 MW dans un réseau encore fragile. Si ces conditions sont réunies, cette centrale pourrait constituer l’un des premiers jalons tangibles d’une trajectoire vers une souveraineté énergétique plus affirmée pour le Niger.

✍️ Vous souhaitez apporter une contribution ?

Écrivez-nous pour un article invité : [email protected]

Écrire à la rédaction
Share this article
Share this Article:
Partner Content:
Provider:
APO Group
Join our newsletter

Join the latest releases and tips, interesting articles, and exclusive interviews in your inbox every week.