Le Burkina Faso signe un partenariat stratégique avec les Émirats arabes unis : le groupe dubaïote Mark Cables injecte 180 millions d’euros dans une centrale thermique de 200 MW, soit près de la moitié de la capacité nationale actuelle. Mark Cables FZE a annoncé le 26 janvier 2026, le démarrage de la construction d’une centrale thermique de 200 MW au Burkina Faso. Ce projet dont la phase de développement a été bouclée en seulement 6 mois marque un tournant dans la souveraineté énergétique du pays, confronté à un déficit chronique et à une dépendance massive aux importations d’électricité du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Une bouffée d’oxygène pour SONABEL
La Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL) voit son réseau se renforcer de 200 MW, équivalant à ~50% de la capacité installée en 2025 (environ 400 MW). Cette centrale thermique, financée à 100% par capitaux privés sur un modèle BOT (Build-Operate-Transfer) et marque l’entrée de Mark Cables FZE dans le Système d’Échange d’Énergie Électrique Ouest-Africain (WAPP) ce 24 janvier 2026 à Lomé. Il s’agit d’un marché commun réunissant 15 États de la CEDEAO pour favoriser les échanges transfrontaliers d’électricité. Par ailleurs, cette collaboration énergétique régionale permettra de stabiliser le réseau et répondre à la croissance démographique et industrielle.
- Puissance : 200 MW, opérationnelle prochainement.
- Investissement : 180 M€ (~213 M$), réalisé en 6 mois grâce à une collaboration étroite avec les autorités.
- Intégration régionale : Connexion au Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain (WAPP), plaçant le Burkina comme exportateur potentiel.
Contexte : un secteur électrique sous tension
En 2025, le Burkina importait près de 50% de sa consommation électrique, malgré une hausse de 25% de la production solaire l’an dernier. Le taux d’électrification stagne à 34,2%, loin des objectifs nationaux et de la moyenne subsaharienne. SONABEL prévoit d’ajouter 515 MW d’ici 2028 via 12 centrales régionales, mais les coupures persistent dans les zones rurales et périurbaines.
- Importations : Principalement Ghana et Côte d’Ivoire, vulnérables aux tensions régionales.
- Déficit structurel : Demande en hausse (+10%/an) face à une offre insuffisante.
Mark Cables : un investisseur émirati aguerri
Basé à Dubaï, Mark Cables FZE se positionne comme leader des infrastructures électriques en Afrique de l’Ouest, avec des projets au Ghana et en Côte d’Ivoire. Déjà implanté au Burkina via des rénovations, le groupe mise sur des solutions intégrées (production, transmission, distribution).
Les Émirats, premier investisseur en Afrique
Ce projet s’inscrit dans l’offensive émiratie : 110 milliards USD investis en Afrique (2019-2023), devant la Chine, via entreprises privées et aide au développement. Les EAU consolident leur présence en Afrique de l’Ouest, après des accords massifs avec le Tchad et des engagements en IA (1 milliard USD au G20).
Perspectives : souveraineté et intégration régionale
La centrale réduira la dépendance aux importations et intégrera le WAPP (14 pays ouest-africains), favorisant échanges et exportations futures. Elle complète le plan SONABEL (12 centrales, 515 MW d’ici 2028) et les avancées solaires, visant un mix énergétique diversifié.
Défis restants :
- Maintenir la vitesse de mise en œuvre malgré l’instabilité sécuritaire.
- Accélérer l’électrification rurale (actuellement <20%).
- Financer les interconnexions régionales pour un vrai marché commun de l’électricité.
Ce méga-projet illustre la dynamique Émirats–Burkina : partenariat rapide, privé-public, au service d’une souveraineté énergétique renforcée dans un contexte sous-régional tendu.
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