Alors que l’Afrique cherche à renforcer son indépendance économique et à accélérer son industrialisation, le Zimbabwe fait la une de l’actualité grâce à un partenariat inédit. Aliko Dangote, figure emblématique de l’industrie africaine, investit un milliard USD pour relancer les secteurs clés de l’économie zimbabwéenne.
Un investissement stratégique pour la relance économique
Le 12 novembre 2025, Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a signé un accord historique d’un milliard de dollars avec le gouvernement du Zimbabwe, dirigé par le Président Emmerson Mnangagwa. Ce plan ambitieux prévoit des investissements majeurs dans la production de ciment, la génération d’énergie, la fabrication d’engrais et la construction d’un oléoduc de 2 000 km reliant le Zimbabwe à la Namibie. Cette initiative s’intègre à la Vision 2030 du pays, qui vise une accession au statut d’économie à revenu intermédiaire supérieur.
Réactivation d’une industrie du ciment, moteur de croissance
La pierre angulaire du partenariat est la relance d’un projet de cimenterie de 400 millions de dollars, initialement proposé en 2015, mais interrompu par des obstacles administratifs et des restrictions monétaires. La future usine, située dans la région de Masvingo, ambitionne de produire 1,5 million de tonnes de ciment chaque année, réduisant de 70% la dépendance du Zimbabwe aux importations. Ce changement pourrait faire baisser significativement le coût des infrastructures et soutenir les grands projets nationaux tels que l’expansion du réseau routier et le développement urbain.
L’énergie comme levier d’industrialisation et d’indépendance
Face à une crise énergétique aggravée par la sécheresse de 2024, Dangote investira 300 millions de dollars dans une centrale électrique de 300 MW, majoritairement alimentée au charbon du Sengwa. Cette nouvelle capacité permettra non seulement d’alimenter la cimenterie en énergie, mais aussi de fournir de l’électricité à l’ensemble du pays, favorisant la reprise de la production industrielle et l’irrigation agricole.
Un oléoduc régional, catalyseur de transformation logistique
La construction d’un oléoduc de 2 000 km entre Walvis Bay (Namibie) et Bulawayo facilitera l’importation des produits pétroliers raffinés, réduira la facture énergétique annuelle du Zimbabwe de 40% et permettra de stabiliser les prix du carburant. Ce projet bénéficiera aussi aux pays voisins, soutenant le commerce intra-africain et contribuant à la création d’un couloir énergétique régional.
La fertilisation, clé de l’autosuffisance agricole
Dangote va également investir dans une usine d’engrais de 100 millions de dollars, essentielle pour réduire la dépendance à l’importation d’engrais qui coûte près de 800 millions de dollars annuellement au Zimbabwe. Cette nouvelle capacité permettra d’améliorer la productivité agricole, d’augmenter les rendements jusqu’à 30% et de créer jusqu’à 100 000 emplois, bénéficiant particulièrement aux femmes rurales, majoritaires dans le secteur.
Effets d’entraînement et transformation régionale
L’accord Dangote ne se limite pas au Zimbabwe. Il catalyse une dynamique régionale avec la Zambie et le Botswana, favorisant les échanges énergétiques et la diversification industrielle à l’échelle de la SADC. Avec la création estimée de 10 000 emplois directs et 3 milliards de dollars de valeur ajoutée, ce projet incarne le potentiel de la finance africaine à accélérer l’industrialisation locale et inclusive.
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