La CEMAC vient de réaffirmer à Paris que le FMI reste un pilier central de la stabilité de ses réserves de change et de ses finances publiques. Cette dynamique renforce l’ancrage du franc CFA d’Afrique centrale, mais souligne aussi la forte dépendance de la sous‑région aux appuis de l’institution de Washington.
Une rencontre stratégique à Paris
Le 17 mars 2026, ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales de la CEMAC se sont réunis à Paris pour discuter de la trajectoire macroéconomique de la zone avec le FMI et leurs partenaires.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du sommet extraordinaire de Brazzaville du 22 janvier 2026, où les chefs d’État avaient déjà insisté sur la nécessité de maintenir des programmes actifs avec le FMI.
Pourquoi le FMI est devenu incontournable
Les États de la CEMAC se sont engagés à finaliser la revue des politiques communes menée par le FMI, condition sine qua non pour poursuivre les programmes en cours et conclure de nouveaux accords nationaux.
Les autorités reconnaissent que ces programmes sont essentiels pour préserver la soutenabilité des finances publiques et consolider les réserves de change, dans un contexte de chocs externes récurrents.
Des réserves de change sous pression
Les données présentées à Brazzaville ont mis en lumière un recul net des réserves extérieures en 2025, lié à un rapatriement insuffisant des recettes d’exportation, à la hausse du service de la dette et à un environnement international moins porteur.
Sans les appuis financiers du FMI, l’UEAC estime que la couverture des importations pourrait chuter d’environ 1,9 mois en 2026 à près de 1,2 mois en 2029, contre 2,3 mois en 2025, alors que les financements du Fonds représentent près de 40% du stock de réserves de change de la zone.
Disciplines budgétaire et réformes au cœur de l’agenda
Les États se disent prêts à « œuvrer collectivement et individuellement » pour la bonne exécution des programmes et la conclusion de nouveaux accords, en renforçant discipline budgétaire, réformes structurelles et rapatriement des devises d’exportation.
La France, partenaire historique de la zone, a réitéré son soutien au dispositif actuel et à la conclusion de nouveaux programmes avec le FMI, tout en appelant à une accélération des réformes.
Enjeux pour la crédibilité du franc CFA CEMAC
La solidité des réserves de change reste au cœur de la crédibilité du régime de change fixe liant le franc CFA CEMAC à l’euro.
En consolidant ses liens avec le FMI, la CEMAC cherche à sécuriser un double objectif : se protéger contre un choc de balance des paiements et rassurer investisseurs, marchés et partenaires sur la pérennité de son ancrage monétaire.
Quelles perspectives pour les États membres ?
Plusieurs pays, dont le Cameroun et le Gabon, ont déjà engagé des discussions pour de nouveaux programmes, cherchant à sécuriser des appuis budgétaires supplémentaires et à renforcer leurs équilibres macroéconomiques.
La trajectoire à moyen terme dépendra de la capacité de la région à traduire ses engagements en réformes concrètes : amélioration de la gouvernance, mobilisation des recettes intérieures, diversification hors hydrocarbures et meilleure conformité à la réglementation des changes.
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