Le Sénégal vient de s’imposer comme le leader africain des systèmes statistiques, selon les Indicateurs de performance statistique publiés par la Banque mondiale. Avec un score de 81,4 sur 100 pour l’année 2024, le pays devance l’Afrique du Sud, l’Île Maurice et l’Égypte, confirmant une progression remarquable de son appareil statistique.
Une reconnaissance de la qualité institutionnelle
Cette distinction ne récompense pas seulement la production de chiffres, mais aussi la solidité de l’infrastructure statistique, la disponibilité des données, leur diffusion et leur utilisation dans la décision publique. Le classement couvre 188 économies représentant plus de 99% de la population mondiale, ce qui donne à ce résultat une portée internationale importante.
Pour le Sénégal, cette première place en Afrique marque une montée en puissance continue. Le pays occupait encore la quatrième place en 2022 et 2023, derrière les mêmes concurrents directs, avant de les dépasser dans la dernière mise à jour.
Un levier pour la gouvernance
Au-delà du symbole, cette performance reflète un enjeu central : la qualité des politiques publiques dépend fortement de la fiabilité des données. Un système statistique performant permet de mieux cibler les investissements, d’orienter les réformes et de suivre l’impact des programmes de développement.
Dans un contexte où les États africains cherchent à renforcer leur souveraineté informationnelle, le cas sénégalais montre qu’un investissement durable dans la statistique peut produire des résultats concrets. La Banque mondiale souligne d’ailleurs les progrès réalisés par le système statistique national, appuyés par des décennies d’engagement et d’innovation institutionnelle.
Le rôle de l’ANSD
Cette avancée est aussi le fruit du travail de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, au cœur de la réforme du système statistique national. Le communiqué relayé par les médias sénégalais rappelle que cette distinction coïncide avec les 20 ans de l’ANSD et de la réforme du SSN, ce qui renforce la portée de cette reconnaissance.
L’ANSD joue un rôle déterminant dans la collecte, le traitement et la diffusion des données économiques et sociales. Son renforcement institutionnel a permis au pays d’améliorer sa capacité à produire des statistiques plus fiables et plus utiles à la planification.
Un signal pour l’Afrique
Le leadership du Sénégal en matière statistique envoie un message fort au reste du continent. Dans une région où la qualité des données reste souvent inégale, la performance sénégalaise peut servir de référence pour les réformes à engager dans d’autres pays.
Le classement rappelle aussi que la statistique n’est pas un secteur technique secondaire, mais un pilier de la gouvernance moderne. Sans données solides, il est difficile de mesurer les progrès, d’identifier les écarts et de construire des politiques publiques efficaces.
Un atout pour le développement
Cette première place africaine peut également améliorer l’image du Sénégal auprès des investisseurs, des partenaires techniques et des institutions financières internationales. Des données plus fiables renforcent la crédibilité du pays et facilitent la prise de décision dans des domaines aussi variés que l’économie, la santé, l’éducation ou les infrastructures.
À l’heure où les États africains cherchent à accélérer leur transformation économique, la qualité statistique devient un avantage stratégique. Le Sénégal montre qu’un investissement méthodique dans les institutions de données peut devenir un véritable facteur de compétitivité nationale.
✍️ Vous souhaitez apporter une contribution ?
Écrivez-nous pour un article invité : [email protected]
Écrire à la rédaction




