Jeunes filles exposées à de graves risques
17 % des décès maternels à Madagascar concernent des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, révèle une enquête nationale sur la planification familiale, les grossesses non désirées et les complications liées à l’avortement.
Les résultats présentés à Antananarivo montrent que les femmes et les adolescentes restent vulnérables face aux violences basées sur le genre et aux difficultés pour accéder aux services de santé reproductive.
Les hôpitaux et centres de santé manquent d’équipements, de médicaments et de personnel formé pour prendre en charge les complications liées aux avortements, toujours interdits dans le pays. Malgré ces difficultés, les professionnels de santé assurent le suivi de toutes les femmes arrivant avec des complications, un devoir de sauver des vies que rappelle Rajoelina Miaritoky Herindrainy, Directeur de la Santé de la Famille au ministère de la Santé Publique.
Selon l’enquête, six femmes sur cent se présentant dans un centre de santé souffrent de complications liées à un avortement. Parmi les femmes non mariées déjà sexuellement actives, 27 % ne peuvent pas utiliser la méthode de planification familiale de leur choix. Parmi les grossesses non désirées, 63 % se terminent par un avortement, souvent pratiqué en secret, ce qui peut entraîner des complications graves et parfois la mort.
Les résultats montrent l’urgence de mieux encadrer la santé reproductive et de protéger les adolescentes et les femmes dans tout le pays. Les professionnels de santé appellent à plus de formation, à des équipements adaptés et à des protocoles sécurisés pour les complications liées aux avortements.
L’enquête souligne aussi l’importance de sensibiliser la population aux droits reproductifs et à la planification familiale. Garantir un accompagnement médical sûr et accessible pour toutes les femmes reste un enjeu majeur pour réduire la mortalité maternelle et protéger les adolescentes vulnérables.





