La Réunion demande une exemption spécifique
Dès 2026, les entreprises réunionnaises devront déclarer leurs importations en provenance de pays tiers, avant que la taxation ne devienne effective à partir de 2027, dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).
Pour une économie dépendante de matériaux importés, cette mesure pourrait entraîner une hausse des coûts, touchant des produits comme le béton, l’acier, l’aluminium ou les engrais. Selon Gérard Lebon, Président de la CPME Réunion, les conséquences sont importantes. « C’est un vrai problème pour les chefs d’entreprise, quelle que soit leur taille. Ce MACF va renchérir nos coûts et affecter le pouvoir d’achat des Réunionnais » a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le syndicat patronal redoute en particulier une flambée des prix dans le BTP et milite pour une exemption adaptée aux régions ultrapériphériques (RUP).
Une solution pourrait venir de Bruxelles. La Commission européenne a lancé une consultation publique sur le règlement Omnibus RUP, qui vise à adapter la législation européenne aux réalités des RUP. Ce chantier, prévu pour le printemps 2026, est piloté par le commissaire européen Raffaele Fitto.
La Députée européenne Isabelle Le Callennec a salué cette initiative comme un signal fort et attendu. « Les spécificités géographiques, climatiques et économiques des RUP exigent des règles adaptées » a-t-elle rappelé. Cette dernière encourage les représentants français, espagnols et portugais à défendre leurs territoires et invite les acteurs ultramarins à participer à la consultation, ouverte jusqu’au 12 janvier.
Pour la CPME Réunion, le dispositif peut devenir un levier concret. « L’article 349 du traité européen prévoit un traitement différencié pour les RUP. C’est notre base pour sortir les outre-mer du champ de la taxe carbone », explique Gérard Lebon, qui conseille aux chefs d’entreprise de ne pas anticiper de hausses prématurées.
L’objectif est d’éviter que la transition écologique européenne ne devienne une barrière économique pour La Réunion. « L’Europe doit renforcer les RUP, pas les enfermer dans un cadre qui les fragilise », résume le Président de la CPME.





