CEMAC : Harvest Asset Management dépasse le milliard d’euros d’actifs

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CEMAC : Harvest Asset Management dépasse le milliard d’euros d’actifs

En franchissant le cap du milliard d’euros d’actifs sous gestion à fin mars 2026, Harvest Asset Management confirme son statut de premier gestionnaire d’actifs de la zone CEMAC et teste les limites du marché régional de l’épargne longue.

La question posée par le franchissement du milliard d’euros d’actifs sous gestion par Harvest Asset Management n’est pas seulement celle de la taille : c’est celle du rôle que peuvent jouer les sociétés de gestion dans la transformation financière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Selon la Rédaction de Financial Afrik, Harvest Asset Management annonce avoir dépassé, à fin mars 2026, le seuil du milliard d’euros d’actifs sous gestion, soit plus de    748 milliards    FCFA, consolidant ainsi sa position de leader de la gestion d’actifs en zone CEMAC.

“Le dépassement du milliard d’euros d’actifs sous gestion consacre une trajectoire de croissance continue pour Harvest Asset Management dans un marché encore étroit, mais en structuration rapide.” — Rédaction, Financial Afrik, Financial Afrik

CEMAC : Un jalon qui redessine la hiérarchie de la gestion d’actifs

D’après le classement 2024 publié par EcoMatin, Harvest Asset Management occupait la première place parmi les gestionnaires d’OPC de la CEMAC avec  262,3 milliards  FCFA d’encours sous gestion, soit près de   30 %   d’un marché dont la taille totale atteignait    875,35 milliards    FCFA à fin 2024. Le mensuel L’Economie rappelait en outre qu’au 31 décembre 2024, Harvest affichait plus de  3 45 milliards   FCFA d’actifs sous gestion, ce qui lui valait d’être distinguée comme “souverain incontesté” de la gestion d’actifs en Afrique centrale lors de ses Business Awards.  Ces deux points d’ancrage chiffrés donnent la mesure du chemin parcouru jusqu’au cap annoncé de plus de    748 milliards    FCFA d’encours globaux en mars 2026.

Un an plus tôt, en juin 2025, Financial Afrik indiquait déjà que Harvest avait atteint environ  415 milliards  FCFA d’actifs à fin mai 2025, franchissant le seuil des  400 milliards  de FCFA et confirmant une trajectoire d’accélération de la collecte. Les états des fonds publiés par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) pour 2025 mettent en lumière le rôle croissant des mandats institutionnels : les mandats de gestion associés à Harvest représentent à eux seuls plus de  244,37 milliards  FCFA d’encours au 31 décembre 2025, en complément d’une gamme de fonds (FCP) positionnés sur la trésorerie, les liquidités et les actions CEMAC.  L’annonce du milliard d’euros à fin mars 2026 apparaît ainsi comme l’aboutissement logique d’un mouvement entamé plusieurs années plus tôt, où la société a progressivement étendu sa base de clients institutionnels et d’entreprises.

Pourquoi le seuil du milliard d’euros compte pour la place bancaire d’Afrique centrale

Dans sa communication, Harvest Asset Management insiste sur le fait que cette progression reflète la confiance grandissante d’investisseurs institutionnels, d’entreprises et d’épargnants de la région, dans un environnement marqué par la recherche de rendements réels positifs et par la montée des exigences prudentielles pesant sur les bilans bancaires. Le même classement Ecomatin montre par ailleurs que la totalité du marché des OPC en CEMAC reste en deçà de  1 000 milliards  FCFA fin 2024, ce qui signifie que le milliard d’euros d’Harvest dépasse, en équivalent, le seul périmètre des fonds locaux et s’appuie sur une combinaison de fonds et de mandats, y compris pour le compte de grandes institutions financières régionales.  Pris ensemble, ces éléments soulignent que la société de gestion a commencé à jouer un rôle que les banques commerciales seules avaient du mal à assumer : transformer l’épargne courte en ressources plus longues, orientées vers les titres publics et les émissions d’entreprises.

En 2021, Financial Afrik, sur la base de données de la COSUMAF, évaluait l’ensemble des actifs sous gestion des sociétés de gestion de portefeuille de la CEMAC à environ   348,7 milliards   FCFA à fin décembre 2021. Trois ans plus tard, le total des encours d’OPC atteint environ 875 à 950 milliards FCFA selon le périmètre considéré, avec une croissance annuelle estimée à environ 40 à 45 % en 2024 sur la base des données disponibles de la COSUMAF.  La montée en puissance d’Harvest sur la même période illustre la manière dont un acteur dominant peut tirer vers le haut un marché encore naissant, en créant des références de performance et de gouvernance pour les autres gestionnaires.

Une bataille concurrentielle qui se structure autour des banques et des maisons de gestion indépendantes

Le panorama dressé par Ecomatin révèle toutefois une concurrence de plus en plus affirmée : derrière Harvest, Elite Capital Asset Management, Asca Asset Management, Corridor Asset Management ou encore Africa Bright Asset Management gèrent des encours de tailles inégales, généralement compris entre plusieurs dizaines et plus de 100 milliards FCFA selon les sociétés, tandis que des filiales de groupes bancaires comme Société Générale ou EDC (filiale d’Ecobank) consolident leurs positions. L’Economie souligne que cette compétition se joue autant sur le volume que sur la capacité à proposer des solutions sur mesure, Harvest ayant fait le choix de produits d’investissement adaptés aux profils et aux objectifs patrimoniaux des investisseurs, là où certains concurrents restent centrés sur des offres plus standardisées.  Cette configuration rappelle celle observée dans d’autres marchés émergents, où la première vague d’OPC institutionnels est tirée par quelques maisons indépendantes, avant que les filiales de banques universelles ne renforcent leur présence.

Pour la place bancaire de la CEMAC, voir un gestionnaire régional atteindre le milliard d’euros d’encours change l’échelle du dialogue entre banques, assureurs et Trésors publics : les programmes d’émission obligataire trouvent face à eux des investisseurs de taille critique, capables de prendre des tickets significatifs et d’accompagner des opérations de reprofilage de dette ou de financement d’infrastructures. Les informations institutionnelles de Corridor Asset Management, premier gestionnaire agréé par la COSUMAF depuis 2015, montrent d’ailleurs comment plusieurs maisons de gestion se positionnent comme relais entre les marchés obligataires BEAC et les portefeuilles des banques et compagnies d’assurance.  Dans ce contexte, la masse critique atteinte par Harvest renforce l’idée que la gestion d’actifs devient un métier à part entière dans la région, et non plus un simple prolongement des bilans bancaires.

Ce que ce jalon dit de l’avenir de la gestion d’actifs en Afrique centrale

Les fiches produits diffusées sous l’égide de la COSUMAF montrent que certaines stratégies de gestion monétaire, telles que les fonds de trésorerie, reposent sur des allocations principalement investies en instruments de court terme et en actifs liquides, dans un marché où les encours de ces segments représentent des volumes de plusieurs dizaines de milliards de FCFA selon les produits et les sociétés de gestion. En parallèle, la communication de la société sur le milliard d’euros d’encours met l’accent sur la diversification progressive entre dettes souveraines régionales, obligations d’entreprises et expositions actions, afin d’accompagner à la fois les besoins de financement des États et ceux de diversification des portefeuilles des clients institutionnels.  Mis bout à bout, ces éléments suggèrent que la prochaine étape ne sera pas seulement un nouveau seuil d’encours, mais la capacité du marché à absorber davantage de risque actions et de projets d’infrastructure via des véhicules de placement collectif.

Les données de 2021 montraient un marché de la gestion d’actifs encore largement dominé par les produits de trésorerie, dans une région marquée par une forte bancarisation des dépôts à vue et une profondeur limitée des marchés obligataires. La montée des encours et la diversification des acteurs en 2024, avec quinze sociétés de gestion recensées, signalent qu’un écosystème est en train de se constituer autour de la COSUMAF et des places de Douala et Libreville, ouvrant un espace pour des produits plus sophistiqués.  Dans ce paysage, la trajectoire d’Harvest sera l’un des baromètres de la capacité de la CEMAC à faire émerger des champions régionaux de la gestion d’actifs capables de dialoguer d’égal à égal avec les grands groupes panafricains et internationaux.

À retenir

  • Le franchissement du  d’actifs sous gestion par Harvest Asset Management, soit plus de , consacre un changement d’échelle pour la gestion d’actifs en CEMAC.
  • Harvest est passée d’environ  d’encours gérés sur l’ensemble du marché en 2021 à une situation où elle concentre, à elle seule, près d’un tiers des  d’OPC recensés fin 2024.
  • La concurrence se structure autour d’un noyau d’une quinzaine de sociétés de gestion, mêlant filiales bancaires et maisons indépendantes, sur fond de montée des mandats institutionnels.
  • La taille atteinte par les principaux gestionnaires change le rapport de force sur les marchés obligataires régionaux, en offrant aux États et aux entreprises des contreparties d’investissement plus profondes.
  • Le véritable enjeu des prochaines années sera la capacité de la région à transformer cette masse d’encours en financement de long terme pour les infrastructures et l’économie réelle, au-delà des seuls produits de trésorerie.
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