La Libye signe un méga-contrat pétrolier de 20 milliards de dollars sur 25 ans avec TotalEnergies et ConocoPhillips, une annonce majeure faite le 25 janvier 2026 lors du Sommet libyen sur l’énergie à Tripoli. Ce partenariat, entièrement financé par des capitaux privés, vise à booster la production de la Waha Oil Company jusqu’à 850 000 barils par jour, générant potentiellement plus de 370 milliards de dollars de revenus pour l’État libyen.
Un accord stratégique pour Waha Oil Company
L’accord cible le bassin de Waha, l’un des plus riches gisements pétroliers libyens, et repose sur un partenariat entre la National Oil Corporation (NOC), TotalEnergies et ConocoPhillips. Il s’inscrit dans une offensive plus large : Tripoli prépare aussi des deals avec Chevron (exploration) et l’Égypte (services pétroliers).
- Investissements : plus de 20 milliards USD sur 25 ans, sans recours aux fonds publics.
- Objectif production : 850 000 barils/jour pour Waha, contre une production nationale actuelle de 1,5 million barils/jour.
- Revenus estimés : 370-376 milliards USD sur la durée du contrat.
Tripoli se repositionne sur la scène énergétique
Présidé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah (gouvernement d’unité nationale, GNU), le sommet a attiré des délégations américaines (Massad Boulos, conseiller de Donald Trump), françaises, égyptiennes et européennes, signe d’un regain d’intérêt pour les réserves libyennes (48,4 milliards de barils, les plus importantes d’Afrique). Boulos a qualifié l’événement de « tremplin pour le retour de la Libye comme puissance énergétique mondiale ».
La NOC lancera prochainement un appel d’offres pour l’exploration pétro-gazière, le premier depuis 17 ans (2007-2008).
Contexte géopolitique : stabilité fragile
Malgré une production en hausse (1,37 million barils/jour en 2025), la Libye reste divisée entre le GNU de Tripoli (reconnu par l’ONU) et les forces de Khalifa Haftar à Benghazi. Les majors pétrolières avancent prudemment, traumatisées par les blocages post-Kadhafi (2011).
- Production actuelle : 1,5 million barils/jour, en rebond après des années de troubles.
- Risques : interruptions récurrentes liées à l’insécurité et aux rivalités politiques.
- Transition verte : Dbeibah annonce une stratégie renouvelables et « Libye verte » (100 millions d’arbres).
Implications pour l’Afrique et les marchés mondiaux
Ce deal renforce TotalEnergies (déjà implanté en Libye) et ConocoPhillips (retour après expropriations des années 1980), tout en positionnant Tripoli comme hub gazier/pétrolier face à l’Algérie et au Nigeria. Pour l’Afrique du Nord, il illustre un retour des majors occidentales, dopé par la crise ukrainienne et la demande énergétique mondiale.
Défis et perspectives pour 2026
L’accord repose sur une stabilité politique hypothétique : Haftar contrôle les champs pétrolifères de l’Est, et les blocages passés (2020-2022) ont coûté des milliards à la NOC. Si les majors investissent massivement, la Libye pourrait redevenir un top producteur africain (derrière Nigeria/Algérie), mais la dualité gouvernementale reste le talon d’Achille.
Ce méga-contrat marque un pari audacieux : transformer les réserves sous-exploitées en cash-flow durable, malgré les ombres sécuritaires. Tripoli joue gros pour 2026.





