L’Algérie affiche une ambition forte pour devenir un acteur majeur de l’hydrogène vert, une énergie propre considérée comme clé de la transition énergétique. Le pays, riche en ressources solaires et éoliennes, s’appuie sur ces atouts pour développer une filière d’hydrogène vert compétitive à l’échelle internationale, notamment pour l’exportation vers l’Europe. Toutefois, la concrétisation de ces projets se heurte encore à des défis technologiques et économiques importants.
Des projets structurants axés sur les énergies renouvelables
À l’avant-garde, l’Algérie prépare la mise en service d’une station de production d’hydrogène vert d’une capacité de 50 MW à Arzew, cofinancée par l’Union européenne et l’Allemagne. Ce projet pilote s’inscrit dans une feuille de route nationale en trois phases visant une économie de l’hydrogène à grande échelle. Parmi les initiatives phares, notamment l’alliance ALTEH2A et le corridor sud SoutH2, qui visent à exporter plusieurs millions de tonnes d’hydrogène vert vers l’Europe d’ici 2030.
Enjeux économiques et technologiques
Malgré son potentiel, l’hydrogène vert reste environ six fois plus coûteux à produire que le gaz naturel, principal atout énergétique actuel de l’Algérie. Les coûts liés à la production, au stockage et à la distribution freinent le développement massif de cette énergie. Néanmoins, consciente de la finitude des ressources gazières, l’Algérie investit massivement – environ 25 milliards USD d’ici 2040 – pour bâtir une industrie de l’hydrogène vert intégrée, allant de la production d’énergie renouvelable aux dérivés comme le méthanol et l’ammoniac verts.
Des partenariats stratégiques avec l’Europe
La collaboration avec des entreprises européennes est un volet essentiel de cette ambition. Sonatrach, la compagnie publique algérienne, a signé plusieurs accords avec des groupes européens pour conduire des études de faisabilité et développer des projets intégrés de production et d’exportation d’hydrogène vert. Ces partenariats visent à établir un réseau de pipelines pour acheminer l’hydrogène vers le marché européen, renforçant ainsi la position de l’Algérie comme fournisseur énergétique durable.
Vers un futur énergétique durable
Avec un objectif d’exporter un million de tonnes d’hydrogène vert d’ici 2040, l’Algérie s’inscrit dans une dynamique de transition énergétique régionale. Bien que les défis restent conséquents, l’engagement politique et industriel est clair. L’hydrogène vert est ainsi perçu comme un pilier stratégique du développement durable, offrant à l’Algérie une opportunité pour diversifier son économie et jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique.
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