Gazoduc Afrique Atlantique : Un projet de 25 milliards USD

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Gazoduc Afrique Atlantique : Un projet de 25 milliards USD

Le gazoduc Nigeria ‑ Maroc, projet énergétique emblématique estimé à 25 milliards de dollars, entre dans sa phase décisive en 2026. Après plus d’une décennie de négociations, d’études Techniques Détaillées (FEED) et d’alignements régionaux, un accord intergouvernemental (IGA) devrait être signé cette année entre le Maroc, le Nigeria et les treize pays traversés par le tracé.

Ce méga‑chantier, baptisé Gazoduc Africain Atlantique, s’inscrit dans une logique de sécurité énergétique régionale et de positionnement du Maroc comme hub gazier entre l’Afrique et l’Europe.

Un projet d’envergure continentale

Le gazoduc Nigeria ‑ Maroc s’étend sur environ 6 900 kilomètres, avec un tracé hybride offshore‑onshore longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Il reliera directement les champs gaziers du Nigeria aux infrastructures gazières et électriques du Maroc, en passant par plusieurs pays membres de la CEDEAO.

Sa capacité annuelle maximale est chiffrée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel, dont 15 milliards de m³ seraient réservés au Maroc pour son approvisionnement intérieur et ses exportations vers l’Europe. Dans ce scénario, le pays chercherait à se positionner comme porte d’entrée du gaz africain sur le continent européen, en s’appuyant sur ses interconnexions électriques et ses futurs gazoducs vers l’Espagne et l’Europe du Sud.

Genèse du projet et étapes clés

L’idée du gazoduc Nigeria‑Maroc remonte à décembre 2016, lors d’une visite d’État du roi Mohammed VI au Nigeria, dans un contexte de recherche de diversification énergétique et de rapprochement stratégique entre les deux pays. Depuis, le projet a progressé lentement mais de manière continue, avec des étapes techniques et diplomatiques successives.

Les études de faisabilité et les phases d’ingénierie de base (FEED) sont désormais bouclées, ce qui libère le passage aux décisions d’investissement et aux financements. Le contenu de l’accord intergouvernemental a été adopté dès décembre 2024, et sa signature officielle sous l’égide de la CEDEAO doit acter l’engagement juridique des treize États concernés.

Cadre institutionnel et gouvernance du projet

Pour piloter le projet, la gouvernance prévoit une structure à plusieurs niveaux :

Une haute autorité sera établie au Nigeria, réunissant des représentants ministériels des treize pays traversés, chargée de la coordination politique et réglementaire.

Une coentreprise maroco‑nigériane, associant l’ONHYM (Maroc) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), supervisera la construction, le financement et l’exploitation du gazoduc.

Sur le plan organisationnel, le projet repose sur une holding internationale chapeautant trois sociétés de projet distinctes, dédiées aux tronçons nord, centre et sud du tracé. Cette découpe vise à faciliter les financements par segment, à réduire les risques politiques et à permettre des déploiements progressifs, avec des flux de gaz attendus dès la première phase.

Calendrier, financement et modalités

Aucun engagement de financement définitif n’a encore été annoncé, mais le modèle retenu repose sur un mix de fonds propres et de dette, mobilisés par la société de projet et ses partenaires financiers. Le projet suscite un intérêt marqué de plusieurs acteurs internationaux, y compris des États‑Unis, qui y voient une opportunité de sécuriser l’approvisionnement gazi**er européen et de renforcer leurs partenariats énergétiques en Afrique.

Le calendrier prévisionnel indique des premières livraisons de gaz pour 2030‑2031, à compter de la mise en service des premiers segments reliant le Maroc aux gisements du Nigeria via les pays intermédiaires. La structure « par phases » permettrait de générer de la valeur précocement sur certains tronçons, sans attendre la finalisation du parcours complet.

Impact économique et énergétique pour l’Afrique

Le gazoduc Nigeria ‑ Maroc est conçu comme un véritable ciment énergétique pour l’Afrique de l’Ouest. Il pourrait alimenter des centrales électriques, des industries lourdes et des projets miniers, contribuant à réduire la dépendance au diesel et à améliorer la fiabilité du réseau électrique régional.

Pour le Maroc, le projet renforce sa stratégie de hub énergétique : en combinant gaz naturel, énergies renouvelables et hydrogène vert, le pays cherche à exporter de l’électricité et de l’énergie propre vers l’Europe, tout en garantissant sa propre sécurité d’approvisionnement. Pour les pays traversés, les retombées attendues sont des revenus fiscaux, des emplois de chantier et un renforcement de l’intégration régionale.

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