Le Botswana marque un tournant décisif dans sa transition énergétique. Le 16 avril 2026, les autorités ont lancé les travaux d’une centrale solaire photovoltaïque de 500 MW couplée à un stockage par batteries de 500 MWh dans le district de Ngamiland, à Maun. Ce projet stratégique, développé sous le modèle IPP (Independent Power Producer), s’appuie sur un accord d’achat d’électricité (PPA) de 30 ans.
Un partenariat avec Oman au cœur du projet
Cette initiative découle d’une coopération renforcée entre le Botswana et le Sultanat d’Oman. Lors d’un échange récent entre le président Duma Boko et le sultan Haitham ben Tariq, les deux pays ont scellé des accords couvrant l’énergie solaire, l’exploration minière et les infrastructures pétrolières. L’entreprise omanaise Naqaa Sustainable Energy pilote le développement de cette centrale, qui représente le plus grand projet solaire du pays.
La pose de la première pierre, présidée par le président, symbolise l’ambition nationale d’atteindre 50% d’énergie renouvelable dans le mix électrique d’ici 2030, contre 8% actuellement. Ce saut qualitatif vise l’électrification universelle et la réduction de la dépendance aux importations fossiles.
Des caractéristiques techniques de pointe
Implantée à Maun, au nord-ouest du pays, la centrale intègre des technologies avancées : panneaux photovoltaïques de 500 MW associés à un système de stockage par batteries de 500 MWh pour une fourniture stable. Avec une durée de vie opérationnelle d’au moins 25 ans, elle garantira une énergie fiable face aux pics de demande et aux aléas climatiques.
Ce modèle IPP permet une exécution rapide par des acteurs privés, tout en sécurisant l’approvisionnement via le PPA de 30 ans avec Botswana Power Corporation (BPC). L’infrastructure contribuera à stabiliser le réseau national et à réduire les coûts énergétiques à long terme.
Un levier pour la diversification économique
Ce méga-projet dépasse le cadre énergétique. Il soutient la vision de diversification de l’économie botswanaise, trop dépendante des diamants. En attirant des investissements étrangers et en créant des emplois locaux, il renforce la résilience face aux chocs externes. La coopération avec Oman s’étend aussi à l’exploration minière via le Botswana Geoscience Institute, diversifiant les partenariats stratégiques.
Dans un contexte africain où l’énergie solaire gagne du terrain, le Botswana se positionne comme leader en Afrique australe, aligné sur les objectifs climatiques mondiaux et continentaux.
Les défis à venir
Malgré l’élan, des enjeux subsistent : intégration au réseau existant, maintenance des batteries et transfert de compétences locales. Le succès dépendra de la gouvernance du projet et de sa capacité à générer des retombées socio-économiques concrètes dans le Ngamiland.
L’accord de 30 ans pour la centrale solaire de 500 MW à Maun propulse le Botswana vers une souveraineté énergétique renouvelable. Ce partenariat avec Oman illustre une diplomatie économique efficace, au service d’une croissance durable et inclusive. À suivre de près pour ses impacts régionaux.





