Énergie : Hausse des gains en Algérie en 2025

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Énergie : Hausse des gains en Algérie en 2025

Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers le continent européen ont bondi de plus de 12% sur les neuf premiers mois de l’année, contribuant à maintenir l’équilibre commercial dans le vert. Cette dynamique profite aux finances publiques, avec un excédent budgétaire augmentant à près de 3% du PIB. Le gouvernement a ainsi pu renforcer les programmes sociaux et accélérer certains projets d’infrastructures. Toutefois, ces performances reposent toujours sur l’exploitation intensive du pétrole et du gaz, un modèle qui le paie peine à diversifier.

Hydrocarbures : des gains exceptionnels pour 2025

Sur les huit premiers mois de 2025, l’Algérie a enregistré près de 31 milliards USD de recettes issues des exportations d’hydrocarbures, selon les déclarations du ministre Mohamed Arkab devant l’Assemblée populaire nationale. Cet envol des revenus énergétiques bénéficie d’une demande européenne forte, soutenue par des investissements et une relance du secteur gazier qui pourrait croître de 2 à 3% cette année. Le gouvernement projette encore d’injecter 60 milliards de dollars dans les hydrocarbures et la pétrochimie, confirmant sa stratégie de maximisation de la rente dans le contexte actuel.

Croissance, inflation et dépendance : une économie sous perfusion

La croissance du PIB réel devrait ralentir à 3,3% en 2025 après une progression hors hydrocarbures de 4,8% en 2024, selon la Banque mondiale. L’inflation reste maîtrisée autour de 4%, mais la balance budgétaire demeure vulnérable aux prix du baril et à la disponibilité de la demande internationale. Le secteur des hydrocarbures représente encore plus de 90% des recettes à l’export, et le dinar algérien reflète directement cette dépendance rentière.

Retard de la transition énergétique : diagnostics et obstacles

Le poids écrasant des énergies fossiles limite fortement la place des filières renouvelables. À l’heure actuelle, l’Algérie n’a toujours pas franchi le seuil symbolique d’un gigawatt de capacité solaire injectée, malgré l’importation de 460 MW de panneaux photovoltaïques depuis début 2025. Les cinq principaux projets solaires publics ambitionnent de porter la part des renouvelables à 27% du mix électrique en 2030. Mais avec 98% de l’électricité produite à partir du gaz naturel en 2023, le fossé demeure immense et le mondial du pays reste défavorable, bien en deçà de son classement potentiel d’ensoleillement.

Le retard algérien découle autant de la lenteur administrative que du manque de volonté politique. Plusieurs appels d’offres pour de grandes centrales ont été attribués tardivement, et de nombreux contrats ont été annulés pour cause de non-respect des engagements contractuels, compromettant la crédibilité du secteur.

Une dépendance énergétique toujours intacte

Malgré les discours sur la nécessité de préparer l’après-pétrole, la transition énergétique demeure marginale en Algérie. Les investissements dans les énergies renouvelables restent faibles : moins de 2% de la production électrique nationale provient des sources solaires et éoliennes. Les projets de centrales solaires emblématiques, annoncés dès 2020, peinent à se concrétiser, freinés par des lenteurs administratives et des arbitrages politiques contradictoires.

Le pays continue donc de dépendre massivement de ses hydrocarbures, qui représentent encore plus de 90% de ses recettes d’exportation. Cette vulnérabilité expose l’économie aux fluctuations des marchés mondiaux et retarde son adaptation aux nouvelles exigences climatiques.

Perspectives : défis structurels et ambitions à moyen terme

Pour inverser la tendance, les experts recommandent de clarifier la gouvernance, d’ouvrir le marché à l’investissement privé et de valoriser le potentiel local en innovation technologique. L’Algérie vise la mise en service de 15 000 MW de capacités renouvelables avant 2035, mais ce cap exige une véritable dynamique industrielle et un pilotage institutionnel réformé.

En conclusion, la progression spectaculaire des revenus pétro-gaziers en 2025 maintient l’État algérien sous perfusion de la rente, sans impulsion de transition vers un modèle diversifié et durable. Le déploiement tardif mais accéléré des projets solaires pourrait constituer un premier tournant, à condition de lever les blocages et de garantir la continuité opérationnelle.

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