Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique. La Senelec a lancé un projet de centrale de stockage d’énergie par batteries, adossée à la centrale solaire de Diass, pour un investissement de plus de 23 milliards FCFA, soit environ 36 millions d’euros. Cette infrastructure, présentée comme une première dans le pays et dans la sous-région, vise à améliorer la stabilité du réseau électrique national tout en renforçant l’intégration des énergies renouvelables.
Un projet stratégique pour le réseau
Le cœur du projet repose sur un système de stockage d’énergie par batteries, ou BESS, capable de conserver l’électricité produite par la centrale solaire avant de la redistribuer au réseau selon les besoins. L’objectif est clair : lisser les variations de production liées à l’ensoleillement et garantir une fourniture plus régulière, notamment aux heures de pointe.
Concrètement, l’infrastructure comprend 30 conteneurs de batteries et 360 unités de convertisseurs. Elle devrait permettre de stocker et restituer plus de 20 000 MWh d’énergie par an, ce qui représente un apport significatif pour la continuité du service électrique.
Une réponse à l’intermittence solaire
L’un des principaux défis des énergies renouvelables reste leur intermittence. Une centrale solaire produit davantage en journée, alors que la demande peut rester élevée le soir ou lors de pics de consommation. Le stockage permet précisément de corriger ce décalage entre production et consommation.
Pour le Sénégal, cette solution est particulièrement importante dans un contexte où la demande électrique continue de croître. En valorisant l’électricité solaire au-delà des seules heures d’ensoleillement, la Senelec se dote d’un outil de pilotage plus souple et plus moderne.
Un appui de partenaires européens
Le projet bénéficie d’un cofinancement international, avec l’Allemagne via la KfW et la France à travers l’Agence française de développement. Ce soutien s’inscrit dans la continuité du programme Smart Grid, lancé en 2018 pour moderniser le réseau de distribution sénégalais et faciliter l’intégration des renouvelables.
Cette coopération montre que la transition énergétique sénégalaise attire des partenaires engagés dans les infrastructures durables. Elle confirme aussi la place du secteur électrique comme priorité des politiques publiques et des bailleurs de fonds.
Moins d’hydrocarbures, plus de souveraineté
Au-delà de la stabilité technique du réseau, le projet porte un enjeu économique important : réduire la dépendance du Sénégal aux hydrocarbures importés. En stockant mieux l’énergie solaire, le pays peut limiter le recours aux centrales thermiques lorsque la production renouvelable baisse.
Dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie, cette évolution peut contribuer à sécuriser les coûts du système électrique et à renforcer la souveraineté énergétique du pays. Pour les autorités et pour Senelec, il s’agit donc d’un investissement à la fois industriel, financier et stratégique.
Un signal fort pour l’avenir
Le projet de Diass ne se limite pas à une simple infrastructure technique. Il marque l’entrée du Sénégal dans une nouvelle logique énergétique, où la production renouvelable doit être accompagnée par des solutions de stockage capables d’en maximiser l’efficacité.
Si sa mise en œuvre réussit, cette centrale pourrait servir de référence pour d’autres projets du même type dans le pays et dans la sous-région. Elle illustre surtout une ambition de long terme : construire un système électrique plus fiable, plus propre et mieux adapté aux besoins d’une économie en croissance.





