Mines Madagascar : Fin du moratoire et ouverture aux capitaux internationaux

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Mines Madagascar : Fin du moratoire et ouverture aux capitaux internationaux

Madagascar marque un tournant stratégique en levant, le 29 janvier 2026, un moratoire vieux de 16 ans sur l’octroi de nouveaux permis miniers (sauf pour l’or), libérant ainsi plus de 1 600 à 3 000 demandes en attente et appelant les investisseurs étrangers à se positionner sur un sous-sol riche en nickel, cobalt, graphite, ilménite et terres rares. Cette décision, soutenue par un nouveau code minier adopté en 2023-2024, vise à booster un secteur représentant plus de 40% des exportations nationales, tout en renforçant la gouvernance après une décennie de spéculation et de gel administratif.

Contexte du moratoire et motifs de sa levée

Instauré en 2010 au cœur d’une crise politique, le moratoire visait à assainir le cadastre minier, jugé pollué par des titres spéculatifs et des irrégularités, freinant les investissements dans un pays au potentiel minier immense (2e producteur mondial de cobalt via Ambatovy, réserves en graphite et nickel stratégiques pour la transition énergétique).

Après une révision complète du cadre légal (loi n°2023-007), le gouvernement de Madagascar relance l’attribution des permis pour toutes substances sauf l’or, dont la filière artisanale informelle (13 kg déclarés officiellement vs production réelle massive) nécessite un contrôle renforcé.

Chiffres clés et opportunités immédiates

Avec environ 1 650 demandes recensées fin 2025 par l’ITIE (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives), et potentiellement 3 000 permis en suspens, le Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM) prévoit un délai maximal de 3 mois pour les premières attributions, traitées par ordre d’arrivée. Des acteurs comme Akora Ressources ont déjà soumis des demandes pour du minerai de fer, tandis que des projets phares (sables minéralisés, nickel) attendent un investissement cumulé proche du milliard de dollars.

Les secteurs miniers prioritaires

La levée cible des minerais stratégiques alignés sur la demande mondiale “verte”, hors or artisanal.

  • Nickel et cobalt : extension d’Ambatovy (Sherritt, japonais) et nouveaux gisements à Toliara ; essentiel pour batteries EV.
  • Graphite et ilménite : projets NextSource et Energy Fuels pour anodes lithium-ion et pigments TiO2 ; Madagascar leader mondial potentiel.
  • Terres rares et vanadium : exploration pour aimants permanents et alliages high-tech, avec intérêts chinois et australiens.
  • Sables minéralisés (zircon, rutile) : Fuel Americas avance sur un projet titane à 1 milliard USD près de Toliara.
  • Minerai de fer : Akora et autres juniors visent Anosovolo pour export vers Chine/Inde.

Appel à l’investissement : incitations et garanties

Le ministre des Mines, Carl Andriamparany, positionne Madagascar comme destination “stable et transparente”, avec un code minier modernisé (fiscalité compétitive : 2% royalties, stabilité 25 ans) et un Fonds Minier Social obligatoire pour les communautés locales. Les investisseurs bénéficient d’un guichet unique au BCMM pour mise à jour des dossiers, et d’un suivi rigoureux pour éviter les “permis dormants”.

Défis persistants malgré l’élan

Malgré l’enthousiasme, des obstacles freinent la concrétisation : infrastructures logistiques déficientes (ports de Toamasina saturés, routes dégradées), tensions communautaires sur l’expropriation foncière, et capacité limitée de l’Office National des Évaluations Environnementales (ONE). La société civile alerte sur un risque d’opacité si les 3 000 permis saturent les capacités d’évaluation, appelant à des partenariats ONU pour les audits ESG.

Impacts économiques attendus pour Madagascar

Le secteur minier, en croissance de +4% en 2024, pourrait doubler ses recettes d’export (déjà 2-3 milliards USD/an via Ambatovy) d’ici 2030, générant 50 000 emplois directs et finançant les infrastructures (routes, énergie). Pour l’Afrique australe, cela renforce la position de Madagascar comme hub minier “vert” face à la RDC ou l’Afrique du Sud, attirant capitaux australiens, canadiens et chinois dans la filière batteries.

Conseils pour les investisseurs intéressés

  • Démarches : prioriser mise à jour dossier au BCMM (Antananarivo) ; étude faisabilité avec Fonds Minier Social inclus.
  • Partenaires locaux : JV avec juniors comme Black Ranger ou Akora pour accélérer approvals.
  • Focus ESG : audits environnementaux proactifs pour sécuriser permis et communautés (famine 2024 renforce vigilance).
  • Horizon : 6-12 mois pour premiers permis ; viser Toliara/Anosovolo pour logistique optimale.
  • Opportunités Afrique : synergies avec ZLECAf pour export raffiné vers Mozambique/Afrique du Sud.

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