La Tanzanie vient de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son agriculture en lançant un programme national d’utilisation de drones pour booster la productivité des exploitations, soutenir les agriculteurs et améliorer l’efficacité des services de conseil agricole.
Une stratégie nationale pour une agriculture « intelligente »
Le ministère de l’Agriculture tanzanien a intensifié ses efforts pour transformer le paysage agricole à travers l’adoption de technologies modernes, en particulier les drones.
Le Premier ministre Mwigulu Nchemba a officiellement lancé une initiative dédiée aux drones agricoles, qui s’inscrit dans la vision du gouvernement de faire de l’agriculture un secteur plus productif, résilient et orienté vers les marchés.
L’objectif est clair : passer d’une agriculture traditionnelle à une agriculture de précision, capable de produire plus avec moins de ressources, tout en améliorant les revenus des agriculteurs.
Des drones pour pulvériser, cartographier et décider mieux
Concrètement, les drones seront utilisés pour :
- pulvériser des engrais et des pesticides de manière ciblée, en particulier les coûts et le gaspillage ;
- cartographier les parcelles, suivre la croissance des cultures et détecter précocement les maladies, le stress hydrique ou les carences des sols ;
- collecteur des images aériennes qui fournissent aux agriculteurs des décisions plus rapides et mieux informées sur les traitements et les calendriers culturels.
Cette technologie permet également de limiter l’exposition des agriculteurs aux produits chimiques, en remplaçant les pulvérisateurs dorsaux par des applications à distance, plus sûres et plus homogènes.
Ancienne nouvelle génération d’experts en drones
Pour réussir ce virage, le gouvernement ne se contente pas d’acheter du matériel : il investit dans les compétences humaines.
Une formation intensive à l’utilisation des drones agricoles a déjà été organisée pour 16 experts, qui serviront de relais auprès des services de vulgarisation et des grandes exploitations.
Selon la directrice du Département du développement des cultures, ces experts auront pour mission de :
- déployer les opérations de pulvérisation aérienne dans les zones où les agronomes manquent ;
- appuyer les producteurs à grande échelle dans la gestion de vastes surfaces en un temps réduit ;
- diffuser les bonnes pratiques d’agriculture de précision auprès des petits exploitants.
Productivité, coûts et environnement : les gains attendus
Les autorités et les experts mettent en avant plusieurs bénéfices clés de cette transition vers les drones :
- de la productivité par hectare grâce à un meilleur ciblage des entrants ;
- baisse des coûts de main-d’œuvre et d’utilisation des tracteurs ou avions pour les grandes superficies ;
- réduction de l’empreinte environnementale en limitant la surutilisation des engrais et pesticides.
En couvrant de grandes surfaces en quelques minutes, les drones offrent également un atout face au changement climatique, en permettant de réagir beaucoup plus vite aux aléas, aux attaques de ravageurs ou aux épisodes de sécheresse.
Un laboratoire pour l’Afrique de l’Est
Avec cette initiative, la Tanzanie rejoint le mouvement plus large de « smart agriculture » qui se développe en Afrique, soutenu par des organisations régionales et des partenaires techniques.
Le pays pourrait devenir un laboratoire régional pour l’intégration des drones dans les systèmes agricoles, aux côtés du Rwanda ou du Ghana qui expérimente déjà des solutions similaires dans la santé ou l’agriculture.
Si les défis restent réels (coût des équipements, réglementation aérienne, connexion des petits producteurs à ces services), l’usage croissant des drones en Tanzanie montre une voie possible : celle d’une agriculture africaine plus technologique, plus productive et mieux armée face aux chocs climatiques et de marché.
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