Le Medef et les organisations patronales alertent sur les conséquences économiques
Les acteurs économiques redoutent une hausse importante de la fiscalité sur les rhums réunionnais dans le cadre du projet de taxation des alcools forts proposé par le sénateur Stéphane Fouassin.
Le Medef Réunion, la CPME, l’ADIR et le Syndicat du sucre ont adressé un courrier au Président du Département, Cyrille Melchior, pour demander la suspension du projet et l’ouverture d’une concertation avec tous les acteurs concernés.
Selon eux, cette taxe pourrait augmenter le coût du rhum local d’environ 1.600 euros par hectolitre d’alcool pur, soit près de huit euros par bouteille, tandis que les alcools importés seraient taxés à seulement 200 euros. Les organisations estiment qu’une telle différence serait injuste et risquerait de nuire à la compétitivité des producteurs locaux.
Le monde économique rappelle que la filière rhum est composée essentiellement de petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas les moyens financiers pour supporter un tel choc fiscal. Elle représente environ 1.200 emplois directs et indirects et joue un rôle clé dans la filière canne-sucre-rhum-énergie, qui regroupe près de 15.000 emplois à La Réunion.
Au-delà du rhum, les signataires alertent sur l’impact possible sur toute la filière canne à sucre. Fragiliser le rhum local reviendrait à affaiblir la production de canne et l’ensemble des activités économiques qui en dépendent.
Les organisations affirment partager les objectifs de santé publique et de prévention de la consommation excessive d’alcool. Ces acteurs demandent simplement que la mesure soit discutée avec tous les acteurs concernés afin de trouver un équilibre entre protection des consommateurs et préservation du tissu économique local.
Cette prise de position intervient après le retrait, en commission des finances, d’un amendement défendu par le Député Philippe Brun à la demande de la Présidente de Région, Huguette Bello. Le Département rappelle que la taxe reste facultative et ajustable chaque année, permettant de maintenir un avantage pour le rhum réunionnais tout en limitant les risques liés à la surconsommation d’alcools forts.





