L’économie de Mayotte en redémarrage précaire
22,2 millions d’euros ont été versés à 4.476 entreprises mahoraises au titre des aides d’urgence.
Plus de 1.500 demandes d’activité partielle ont été validées, représentant 7,2 millions d’heures chômées. Ces mesures ont permis de limiter l’impact immédiat du cyclone Chido et de maintenir l’activité sur l’île. Mais selon l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), cette reprise repose surtout sur la gestion de crise, et non sur une relance économique durable.
Plus d’un an après le passage du cyclone, l’économie de Mayotte montre des signes de redémarrage. Le BTP, les services liés à la reconstruction et les activités connexes ont tiré la croissance. L’indicateur du climat des affaires (ICA) est élevé, témoignant de l’optimisme des chefs d’entreprise. Mais l’IEDOM souligne que cette dynamique repose surtout sur la remise en état des infrastructures et le remplacement d’équipements détruits, plutôt que sur un véritable développement économique.
L’Institut attire également l’attention sur la dépendance aux aides publiques et à la commande publique, dont dépendent près de sept entreprises sur dix. Avant Chido, de nombreuses sociétés avaient déjà des problèmes de trésorerie et de retards de paiement. Aujourd’hui, 25 % des entreprises ont encore une trésorerie négative et plus de 70 % des dirigeants craignent que leur situation financière se détériore si les mesures exceptionnelles s’arrêtent.
L’IEDOM distingue deux étapes dans la gestion de la crise : la loi d’urgence, qui a servi de bouclier après le cyclone, et la loi de refondation, qui vise à transformer durablement le cadre économique de l’île. Les objectifs à long terme sont clairs : moderniser les infrastructures, renforcer la résilience face aux risques climatiques et améliorer les capacités structurelles des entreprises.
Pour l’IEDOM, le vrai défi reste de transformer cette reprise ponctuelle, portée par la reconstruction et les aides, en une croissance stable et durable pour Mayotte.





