Des producteurs connectés pour une alimentation plus sûre
L’accélération de la digitalisation du secteur agricole comorien est au cœur des discussions à Moroni, lors d’un atelier national organisé du 7 au 9 octobre à l’hôtel Le Retaj.
L’événement, soutenu par le Ministère de l’Économie et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), réunit pendant trois jours des responsables publics, des acteurs agricoles, des entrepreneurs et des experts. Une rencontre centrée sur un même objectif : renforcer les chaînes de valeur agricoles et améliorer la sécurité alimentaire grâce aux outils numériques.
Au centre des échanges, la modernisation du secteur agricole et la promotion de solutions technologiques simples et accessibles. Les participants mettent l’accent sur l’importance du numérique dans la gestion des données agricoles, la traçabilité des produits et la commercialisation directe entre producteurs et consommateurs. L’enjeu : une agriculture plus productive, plus connectée et mieux intégrée aux marchés régionaux.
Les Comores, où près de 70 % de la population active vit de l’agriculture, font face à plusieurs défis : faibles rendements, pertes post-récolte, dépendance aux importations alimentaires. La digitalisation apparaît comme une réponse durable à ces problèmes. Grâce aux plateformes numériques, les producteurs peuvent échanger des informations, accéder aux marchés, et réduire les pertes liées à la mauvaise circulation des produits.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement comorien, sous l’impulsion du Président Azali Assoumani. Plusieurs réformes accompagnent cette transition : le programme « Comores Numérique 2028 », la libéralisation du secteur des télécommunications et la création de l’Agence nationale du numérique (Anadem). Ces actions traduisent une volonté claire : construire une économie connectée, compétitive et tournée vers la création d’emplois.
La CEA présente aussi des exemples concrets d’innovation. Une plateforme numérique peut, par exemple, permettre à un transformateur de bananes à Moroni de connaître en temps réel la production disponible à Anjouan et d’acheter directement auprès des cultivateurs. Une solution simple pour réduire les pertes et renforcer les échanges entre les îles.
Sur le terrain, des entrepreneurs locaux profitent déjà de cette évolution. À Mwali, Chamsia Toihir, engagée dans l’agroalimentaire, utilise la plateforme Namjecommerce pour vendre ses produits et atteindre une clientèle plus large.





