Agriculture à Mayotte : les femmes au centre des débats

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Agriculture à Mayotte : les femmes au centre des débats

Défis et pistes pour l’agriculture féminine

Les femmes occupent une place centrale dans l’agriculture à Mayotte. Aujourd’hui, ces dernières représentent encore 67 % des personnes actives dans ce secteur.

Les femmes sont les gardiennes du « Jardin mahorais », un système traditionnel où se mélangent bananes, tubercules et arbres fruitiers, assurant la sécurité alimentaire des familles. On les retrouve également sur les marchés informels, vendant des produits dont l’origine n’est pas toujours tracée.

En effet, un café-débat organisé ce 6 janvier par le Technopole de Mayotte et l’ONG Super-Novae a permis de réfléchir à leur rôle. Même si seulement une dizaine de participants ont pu se déplacer jusqu’au site, l’événement a été riche en échanges. L’absence des principales concernées, les agricultrices, a été regrettée. « Les concernées devraient être au centre de cette discussion », a rappelé Caroline Joubert, animatrice et membre d’Agricoop Mayotte.

La rencontre a réuni des formateurs du Réseau d’innovation et de transfert agricole (RITA), des représentants de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CREES), des agriculteurs et un syndicaliste de la Coordination rurale, ainsi qu’un membre de l’ONG Électriciens sans frontières. Ensemble, ces intervenants ont abordé les défis spécifiques à Mayotte et proposé des pistes pour mieux soutenir les femmes dans l’agriculture.

Le constat est clair : le secteur reste fragile. Seuls 1.300 agriculteurs sont officiellement recensés sur l’île, alors que leur nombre réel pourrait être quatre fois plus élevé. Cette situation s’explique par le manque de formation administrative, la culture locale et la présence de nombreuses personnes en situation irrégulière. L’accompagnement institutionnel, jugé insuffisant, laisse de nombreuses exploitantes sans appui ni formation.

À cela s’ajoutent les vols de bétail et de produits agricoles, qui réduisent les revenus des familles et fragilisent la filière. Les participants ont insisté sur l’importance de mieux organiser le secteur, de sécuriser les productions et de renforcer la formation des femmes pour qu’elles puissent développer pleinement leur activité.

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