La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à mobiliser plus de 105 millions USD pour construire deux nouvelles universités à Kisangani et Mbandaka, projet qui s’inscrit dans une stratégie nationale de modernisation de l’enseignement supérieur.
Contexte et chiffres clés
La RDC prépare un investissement public estimé à 105,6 millions USD pour édifier deux universités dans les provinces du Tshopo (Kisangani) et de l’Équateur (Mbandaka).
Ces montants découlent de décisions d’attribution provisoire publiées par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) le 16 février 2026.
- Université de Mbandaka : 54,7 millions USD.
- Université de Kisangani : 50,9 millions USD.
- Financement : investissement public, dans le cadre de la politique de l’État congolais en matière d’ESU.
Localisation stratégique : Kisangani et Mbandaka
Le premier projet concerne la construction de l’université de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, qui bénéficiera du marché le plus important avec 54,7 millions USD attribués provisoirement à un consortium d’entreprises locales.
Le second porte sur la création d’une université à Kisangani, capitale de la province du Tshopo, pour un montant estimé à 50,9 millions USD, également confié à un consortium d’opérateurs congolais.
Ces deux villes constituent des pôles régionaux majeurs, au carrefour d’importants axes fluviaux et routiers, ce qui renforce l’enjeu d’un maillage universitaire plus équilibré sur le territoire national.
Un projet ancré dans un programme national
Ces deux universités ne sont pas des initiatives isolées : elles s’inscrivent dans un programme national annoncé par le président Félix Tshisekedi visant à construire quatorze nouvelles universités à travers le pays à partir du premier trimestre 2026.
Dans son discours sur l’État de la Nation du 8 décembre 2025, le chef de l’État a présenté un « programme ambitieux de modernisation des infrastructures, de réformes académiques et de digitalisation de la gouvernance » du secteur.
L’objectif affiché est double : élargir l’accès à l’enseignement supérieur et aligner la formation universitaire congolaise sur les exigences contemporaines de la recherche et de l’innovation.
Des campus intégrés et modernisés
Selon les précisions fournies par la présidence et relayées par l’Agence congolaise de presse, ces nouveaux établissements doivent être conçus comme des campus intégrés.
Ils devraient intégrer :
- Amphithéâtres modernes et salles de cours.
- Laboratoires de recherche et espaces numériques.
- Bibliothèques physiques et digitales.
- Centres de santé, réseaux énergétiques fiables et voiries internes.
- Infrastructures d’eau, dispositifs de sécurité et services de base pour étudiants et personnels.
Ces infrastructures sont pensées pour être « plus vastes, plus fonctionnelles et adaptées aux exigences contemporaines de la formation, de la recherche et de l’innovation ».
Enjeux pour l’éducation et le développement régional
Cet investissement intervient dans un contexte où la massification de l’enseignement supérieur congolais met sous pression des infrastructures souvent vétustes et saturées.
La création de nouvelles universités à Kisangani et Mbandaka devrait :
- Décongestionner les grandes institutions de Kinshasa et d’autres centres urbains.
- Offrir aux jeunes des régions du Tshopo et de l’Équateur un accès de proximité à une formation supérieure de qualité.
- Dynamiser les économies locales via les chantiers, puis l’installation durable de milliers d’étudiants et d’enseignants.
À moyen terme, ces campus pourraient devenir de véritables pôles de compétence régionaux, capables de soutenir les politiques publiques en matière de recherche, d’innovation et de développement territorial.
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