La Tunisie accélère le développement de ses infrastructures portuaires avec des projets stratégiques comme le port en eau profonde d’Enfidha, visant à renforcer sa position comme hub régional en Méditerranée. Ces initiatives répondent aux défis de congestion et d’obsolescence des ports existants, qui gèrent 98% du commerce extérieur du pays.
Contexte des ports tunisiens actuels
Les ports majeurs comme Radès, La Goulette, Sfax et Bizerte souffrent d’infrastructures vieillissantes et de retards chroniques, impactant la compétitivité internationale. Radès, qui traite 61% du trafic conteneurs, voit une partie de son activité se déplacer vers Sfax et Sousse en raison de ces inefficacités. Une modernisation s’impose pour optimiser la gestion et attirer les investissements étrangers.
Le projet phare d’Enfidha
Le port en eau profonde d’Enfidha, relancé en mars 2025 sous l’impulsion du ministre Rachid Amri, prévoit une profondeur de 20 mètres pour accueillir les grands portes-conteneurs mondiaux. Accompagné d’une plateforme logistique sur 3000 ha, il positionne la Tunisie comme passerelle entre l’Europe et l’Afrique, en complémentarité avec les autres ports. Le projet, prioritaire pour fluidifier les chaînes d’approvisionnement et désengorger Radès, avance vers sa phase de lancement.
Enjeux économiques et stratégiques
Ces nouveaux ports boostent le commerce maritime, l’emploi et la souveraineté nationale en respectant les normes internationales de sécurité et d’environnement. Ils s’inscrivent dans une vision plus large incluant des partenariats public-privé et des technologies comme l’IA pour une économie bleue durable. La Tunisie vise ainsi à transformer ses atouts géographiques en leviers de croissance régionale.
Les enjeux environnementaux
Les projets de nouveaux ports en Tunisie, comme celui d’Enfidha, soulèvent des enjeux environnementaux majeurs liés à la construction en eau profonde et à l’expansion des zones logistiques, y compris le risque de perturbation des écosystèmes marins, de pollution des eaux par les rejets de dragage et d’émissions industrielles.
La perte potentielle de biodiversité côtière, l’érosion des sols et l’acidification des océans dues aux activités portuaires exigent une conformité stricte aux normes internationales de sécurité environnementale pour préserver les habitats aquatiques et minimiser l’impact sur la faune marine.
Par ailleurs, l’intégration de technologies vertes et de partenariats public-privé permettra de promouvoir une économie bleue durable, en équilibrant une croissance économique et une protection des ressources naturelles méditerranéennes.
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