Le Maroc s’est imposé en 2025 comme le premier constructeur automobile d’Afrique, en franchissant le cap symbolique d’un million de véhicules produits et en dépassant pour la première fois l’Afrique du Sud, longtemps numéro un du continent. Ce basculement consacre le Royaume comme nouveau hub industriel automobile africain, au cœur des chaînes de valeur mondiales et de la transition vers le véhicule électrique.
Un cap historique : plus d’un million de véhicules
En 2025, la plateforme automobile marocaine a atteint un volume de production supérieur à un million de véhicules, tous segments confondus. Ce niveau place le pays en tête du classement africain et marque un tournant dans la géographie industrielle du continent, où l’Afrique du Sud domine la production.
- La production a bondi depuis les 559 645 unités de 2024, soit une progression proche de 79% en un an selon les estimations relayées par les professionnels du secteur.
- L’industrie automobile est devenue en parallèle le premier secteur exportateur du Maroc, avec près de 15 milliards d’euros de recettes à l’export en 2025.
Renault, Stellantis et un écosystème intégré
Cette performance repose sur un écosystème industriel structuré autour de grandes usines d’assemblage et d’un tissu dense de fournisseurs. Renault (Tanger, Casablanca) et Stellantis (Kénitra) constituent les deux piliers de la plateforme, soutenus par des centaines de fournisseurs locaux et internationaux.
- L’usine Stellantis de Kénitra a engagé une montée en capacité vers 535 000 véhicules par an, avec un accent fort sur les petits véhicules électriques (Citroën Ami, Opel Rocks‑e, Fiat Topolino).
- La stratégie marocaine vise à porter le taux d’intégration locale au-delà de 80%, voire 90% à l’horizon 2030, renforçant ainsi la création de valeur sur place.
Tanger Med et la diplomatie industrielle marocaine
Au-delà des usines, la logistique et l’environnement des affaires jouent un rôle déterminant dans ce leadership. Le port de Tanger Med et les zones franches industrielles permettent d’exporter rapidement vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, tout en particulier les coûts et les délais.
- Le Royaume a construit sa réussite sur la stabilité politique, des incitations fiscales ciblées, des accords de libre-échange et une main-d’œuvre qualifiée.
- L’engagement massif dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, renforce l’attractivité du pays auprès des constructeurs qui cherchent à décarboner leurs chaînes de production.
Virage vers le véhicule électrique
Le leadership marocain se joue aussi sur le terrain du futur : le véhicule électrique et les nouvelles mobilités. Outre la production de micro‑véhicules électriques, le pays tient des investissements dans les batteries, les composants et de nouveaux projets de constructeurs.
- Le développement de modèles de produits électriques localement et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux (y compris des marques premium et des équipementiers asiatiques) positionnent le Maroc sur la chaîne de valeur de l’e‑mobilité.
- Cette dynamique s’appuie sur une image de plateforme « verte », connectée au marché européen en pleine transition énergétique.
Un nouveau centre de gravité pour l’Afrique
L’ascension du Maroc redessine les équilibres industriels africains, avec un déplacement du centre de gravité de la production automobile vers le nord du continent. Pour les économies africaines, ce basculement ouvre la voie à de nouvelles coopérations régionales, autour des pièces, des sous-traitants et des corridors logistiques dépendant de l’Afrique de l’Ouest, du Sahel et de l’Afrique centrale.
- Le Royaume peut servir de modèle de politique industrielle pour d’autres pays africains souhaitant monter en gamme et s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales.
- La question clé sera la capacité à diffuser ce succès au-delà des grandes zones côtières, via des partenariats Sud‑Sud, des transferts de compétences et des projets conjoints d’assemblage ou de fabrication de pièces.
✍️ Vous souhaitez apporter une contribution ?
Écrivez-nous pour un article invité : [email protected]
Écrire à la rédaction



