Cajou 2026 : pourquoi la Côte d’Ivoire baisse le prix malgré la surproduction

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Cajou 2026 : pourquoi la Côte d’Ivoire baisse le prix malgré la surproduction

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, a fixé le prix plancher bord champ à 400 FCFA le kilogramme pour la campagne principale 2026, en léger recul par rapport aux 425 FCFA/kg de 2025, dans un contexte de marchés internationaux tendus.

Un prix prudent face aux réalités mondiales

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a annoncé cette décision le 6 février 2026 à Yamoussoukro, lors des Journées nationales du producteur de l’anacarde, du coton et du karité. Ce tarif reflète un arbitrage délicat : protéger les revenus des 800 000 planteurs tout en préservant la compétitivité de la filière face à un ralentissement de la demande mondiale et une dépréciation du dollar (de 620 FCFA en 2025 à 565 FCFA aujourd’hui).

« La fixation d’un prix prudent mais protecteur s’impose afin de préserver l’écoulement de toute la production nationale tout en sécurisant les revenus des producteurs », a expliqué le ministre Koné.

Contexte : pressions externes et volatilité des cours

Plusieurs facteurs expliquent ce repli :

  • Marché mondial déprimé : mesures tarifaires américaines restrictives et ralentissement de la demande asiatique (Inde, Vietnam) pèsent sur les cours ;
  • Dollar faible : la parité défavorable réduit mécaniquement les recettes d’exportation en FCFA ;
  • Production record attendue : entre 1,2 et 1,5 million de tonnes prévues pour 2026, contre 1,1 million en 2025, nécessitant un prix soutenable pour l’écoulement total.

À 400 FCFA/kg, le prix reste dans la fourchette haute des 7 dernières années (275–425 FCFA), protégeant le pouvoir d’achat des paysans dans les régions de Bondoukou, Korhogo et Abengourou.

Un prix plancher révisable avec clause de revoyure

Bonne nouvelle pour les producteurs : ce tarif constitue un minimum garanti, susceptible d’être révisé à la hausse fin avril 2026, après évaluation des cours mondiaux et de la parité dollar/FCFA. « Si la situation s’améliore, une révision du prix pourra être décidée, comme cela a déjà été le cas lors de précédentes campagnes », a promis Bruno Nabagné Koné.

Le gouvernement s’engage aussi à intervenir financièrement pour compenser d’éventuelles pertes, sur instruction du président Ouattara, fidèle à la stratégie de soutien aux filières stratégiques rurales.

La noix de cajou génère déjà 15% des recettes d’exportation agricole ivoirienne et emploie directement 800 000 familles. À 400 FCFA/kg, un planteur moyen (2 ha, 2 T/ha) touchera environ 1,6 million FCFA par campagne, stable malgré le repli tarifaire.

Réactions des acteurs et perspectives

Les organisations de producteurs accueillent le prix avec un mélange de résignation et d’espoir :

  • positif : garantie d’écoulement total via le Conseil du Cotton et de l’Anacarde (CCA) et filet de sécurité étatique ;
  • inquiétudes : mécanisation insuffisante, concurrence vietnamienne (transformation locale) et aléas climatiques.

Le gouvernement mise sur :

  • transformation locale : 45 usines opérationnelles (capacité 800 000 T/an), objectif 60% de transformation d’ici 2030 ;
  • diversification : appui aux noyaux (amandes) et coproduits (coques pour énergie).

Pour la Côte d’Ivoire, leader mondial avec 45% de la production, maintenir 400 FCFA/kg dans un marché contraint, c’est consolider sa position tout en préservant la paix sociale rurale. La clause de revoyure d’avril sera décisive.

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