Ghana et Zambie consolident leur axe pour accélérer la transformation numérique africaine

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Ghana et Zambie consolident leur axe pour accélérer la transformation numérique africaine

Le 11 juin 2026, les autorités en charge du numérique au Ghana et en Zambie ont réaffirmé un partenariat bilatéral visant à soutenir la transformation numérique à l’échelle du continent, en alignant leurs feuilles de route sur les grands programmes panafricains et les investissements d’infrastructures transfrontaliers. Les deux gouvernements positionnent ce rapprochement comme un levier pour faire du Ghana et de la Zambie des plateformes régionales de services digitaux en Afrique de l’Ouest et australe.

Les responsables ghanéens et zambiens soulignent que cette coopération doit faciliter le co‑développement de projets dans les télécoms, les services publics en ligne, les paiements numériques et la cybersécurité, en s’appuyant sur des opérateurs et intégrateurs déjà actifs dans les deux marchés. Ils présentent également leur partenariat comme une manière de mieux capter les programmes panafricains, à l’image de l’initiative Smart Africa Digital Markets for All, qui cible notamment le Ghana et la Zambie pour stimuler des marchés numériques interopérables.  Cette articulation entre coopération bilatérale et cadres continentaux doit intéresser au premier chef les investisseurs d’infrastructure, les fintechs régionales et les bailleurs de fonds.

“La transformation numérique en Afrique repose autant sur des infrastructures robustes que sur des alliances politiques capables de porter des standards communs.” — Un responsable du Smart Africa Alliance, Smart Africa

Deux pays déjà engagés dans la numérisation de l’État

En Zambie, le Smart Zambia Institute pilote le déploiement de systèmes gouvernementaux clés, notamment le système d’information de gestion de la santé, la plateforme de marchés publics électroniques et plusieurs registres administratifs numériques, au cœur d’une stratégie visant à généraliser les services publics en ligne. Smart Zambia a par ailleurs signé un protocole d’accord avec ZESCO et sa filiale Fibrecom afin de s’appuyer sur le backbone fibre national pour connecter les institutions publiques et étendre la couverture haut débit sur l’ensemble du territoire. De son côté, le Ghana a accéléré la digitalisation des services publics et de l’économie, s’appuyant sur la dynamique de l’alliance Smart Africa et sur un écosystème télécoms où les opérateurs mobiles investissent dans la 4G, la fibre et les câbles sous‑marins.

Au sein de l’alliance Smart Africa, dont les deux pays sont membres, des travaux de diagnostic ont mis en avant l’importance d’un cadre harmonisé pour la concurrence, la protection des données et la cybersécurité afin de soutenir l’émergence d’économies numériques intégrées. Le Ghana fait déjà valoir son rôle régional en matière de sécurité numérique, son autorité de cybersécurité ayant été élue à la tête du réseau africain des autorités de cybersécurité, structure créée sous l’égide de Smart Africa pour coordonner les réponses aux menaces.  Ce socle réglementaire et institutionnel est l’une des pierres angulaires du rapprochement avec la Zambie.

Infrastructures télécoms et connectivité régionale

Sur le plan des infrastructures, des acteurs panafricains comme MTN ont déployé des réseaux fibre terrestres en Zambie et au Ghana, tout en opérant des stations d’atterrissage de câbles sous‑marins dans plusieurs marchés côtiers, dont le Ghana, afin de sécuriser l’acheminement de trafic international et de soutenir l’essor des services numériques. En Zambie, la filiale d’infrastructure Bayobab a récemment mis en service une interconnexion fibre au poste‑frontière avec le Mozambique, renforçant la résilience du trafic et l’intégration des réseaux régionaux.  Intégrés à un partenariat politique Ghana–Zambie plus explicite, ces investissements créent un socle concret pour des services cloud, fintech et contenus distribués à partir de hubs ghanéens et zambiens.

Les autorités zambiennes ont également autorisé un pilote entre MTN Zambia et la constellation satellitaire Starlink afin de tester une session de données et une transaction fintech en utilisant le spectre mobile local et une liaison par satellite, avec le soutien du régulateur et du ministère de la Technologie et des Sciences. Couplé aux déploiements de la fibre et aux dorsales électriques existantes, ce type d’innovation renforce la complémentarité entre la connectivité terrestre et satellitaire. Cela représente un enjeu stratégique pour des pays enclavés comme la Zambie, ainsi que pour les corridors commerciaux reliant l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe.

Rôle des programmes panafricains et des compétences numériques

Le programme Smart Africa Digital Markets for All, soutenu par des bailleurs de développement, vise à améliorer les moyens de subsistance d’au moins 53 000 jeunes, dont 95 % de femmes, en favorisant des marchés numériques plus inclusifs et interopérables dans plusieurs pays cibles, parmi lesquels le Ghana et la Zambie. Ce dispositif doit notamment financer des parcours de compétences digitales, de l’e‑commerce aux services cloud, afin de fournir une main‑d’œuvre adaptée à la demande croissante en développeurs, administrateurs systèmes et spécialistes data au sein des écosystèmes locaux.  Pour Accra comme pour Lusaka, l’alignement de leur partenariat bilatéral sur ces programmes représente une manière de sécuriser des subventions, mais aussi de structurer des chaînes de valeur régionales, par exemple dans la fintech ou l’outsourcing.

La stratégie zambienne d’économie numérique 2024‑2030 prévoit la diffusion des technologies digitales dans tous les secteurs, tandis que des lois dédiées au cybercrime et à la cybersécurité ont été adoptées pour encadrer les risques et protéger les infrastructures critiques. Les analyses sectorielles insistent par ailleurs sur le rôle central de l’industrie mobile dans l’économie numérique zambienne et sur le potentiel de croissance lié à une adoption accrue de services de données, de paiements digitaux et d’applications sectorielles.  La capacité des acteurs publics ghanéens et zambiens à mutualiser leurs expériences et à parler d’une seule voix dans les enceintes continentales sera un indicateur clé de la profondeur réelle de ce partenariat.

Prochaines étapes à surveiller

Les autorités des deux pays ont indiqué que la prochaine étape consistera à décliner la coopération Ghana–Zambie en feuilles de route concrètes, incluant des groupes de travail techniques et des projets pilotes conjoints dans les services publics en ligne, la cybersécurité et les infrastructures partagées. En Zambie, le calendrier est déjà rythmé par les engagements pris dans le cadre du sommet Digital Government Africa, tandis que le Ghana cherche à consolider son rôle de hub régional des plateformes numériques et de la cybersécurité en Afrique de l’Ouest.  Pour les investisseurs et opérateurs, les signaux à suivre seront la formalisation de projets conjoints identifiés publiquement, l’éventuelle harmonisation de certains cadres réglementaires et les annonces d’interconnexions d’infrastructure explicitement labellisées comme relevant de l’axe Ghana–Zambie.

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