Le Ghana et le Mali viennent de franchir une étape importante avec la signature d’un protocole d’accord destiné à fluidifier le transit des marchandises entre les deux pays et à réduire les coûts logistiques sur l’axe sahélien. Cet accord illustre la volonté de renforcer un corridor stratégique pour l’approvisionnement du Sahel, en particulier via les ports ghanéens.
Un corridor sous pression
Le corridor Ghana–Mali est un axe vital pour les opérateurs maliens, qui dépendent en grande partie des ports du Ghana pour leurs importations. Pourtant, ce couloir commercial reste freiné par des obstacles bien connus : frais de surestaries élevés, multiplication des contrôles, charges non transparentes, tracasseries sur la route et problèmes de sécurité.
Ces contraintes réduisent le coût du transport et réduisent la compétitivité des marchandises à destination du Mali et, plus largement, du Sahel.
Ce que prévoit l’accord
Le mémorandum signé à Bamako vise à renforcer la coopération entre la Ghana Shippers’ Authority et le Conseil malien des chargeurs autour de quatre axes principaux : facilitation du commerce, coordination logistique, partage d’informations et renforcement des capacités. L’accord prévoit aussi des recherches conjointes, l’harmonisation des procédures de transit et la création d’un comité technique mixte chargé du suivi de la mise en œuvre.
Cette approche marque un passage d’une coopération déclarative à une logique plus opérationnelle, avec des mécanismes concrets de pilotage.
Un enjeu économique régional
Pour le Mali, un corridor plus fluide signifie des délais réduits, des coûts d’importation plus faibles et une meilleure sécurité d’approvisionnement. Pour le Ghana, l’enjeu est stratégique : devenir une plateforme logistique de référence pour le trafic sahélien et consolider son rôle de porte d’entrée maritime vers l’hinterland.
La signature intervient aussi dans un contexte où Accra cherche à renforcer son attractivité logistique, notamment autour du terminal intégré de Boankra et d’une politique plus ambitieuse de facilitation du transit.
Des gains attendus mais pas automatiques
Les autorités ghanéennes espèrent que cette nouvelle coopération permettra de réduire les coûts et d’améliorer la fluidité du corridor, avec une promesse de meilleure performance logistique pour les opérateurs. Certaines estimations avancées par des acteurs du secteur évoquent des baisses substantielles du coût total de transport via les ports ghanéens, mais ces gains dépendent de la mise en œuvre effective des engagements.
En pratique, l’impact réel reposera sur la lutte contre les barrières non tarifaires, la discipline des contrôles routiers et la coordination entre administrations, transporteurs et chargeurs.
Un signal pour l’intégration sahélienne
Au-delà du seul binôme Ghana–Mali, cet accord envoie un message plus large sur l’importance des corridors transfrontaliers pour l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest. Dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires et des ruptures logistiques, la sécurisation des axes de transit devient un levier de stabilité économique.
Si l’accord est bien appliqué, il pourrait servir de modèle pour d’autres corridors sahéliens confrontés aux mêmes problèmes de coûts, de lenteurs et de fragmentation des chaînes logistiques.
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