SOFITEX nationalisée : le Burkina Faso mise sur la relance du coton

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SOFITEX nationalisée : le Burkina Faso mise sur la relance du coton

Le Burkina Faso a franchi un cap important dans sa politique de reprise en main des secteurs stratégiques. En décidant de nationaliser la SOFITEX, l’État devient désormais l’unique actionnaire de la principale société cotonnière du pays, avec l’objectif affiché de redynamiser une filière essentielle à l’économie nationale.

Une décision stratégique

Réuni en Conseil des ministres le 16 avril 2026, le gouvernement burkinabè a adopté deux décrets pour formaliser la nationalisation de la Société burkinabè des fibres textiles et approuver ses nouveaux statuts. L’État, qui détenait déjà 89% du capital, a racheté les 6% restants auparavant détenus par des investisseurs privés nationaux et étrangers.

La SOFITEX affiche un capital social de 19,5 milliards FCFA. Cette opération marque donc la fin de la présence privée dans le capital de l’entreprise et consacre un contrôle public total sur un acteur central de la chaîne cotonnière burkinabè.

Pourquoi nationaliser la SOFITEX ?

Le gouvernement justifie cette décision par les difficultés persistantes de la société. Parmi les problèmes cités figurent une dette financière lourde, des charges de fonctionnement élevées et des retards répétés dans le paiement des producteurs.

À cela s’ajoutent la volatilité des prix internationaux et les contraintes pesant sur les intrants agricoles, qui fragilisent la rentabilité de la filière. En reprenant totalement la main, l’État entend stabiliser la SOFITEX et lui donner les moyens de remplir pleinement son rôle dans la relance du coton.

Une filière sous pression

La filière coton reste stratégique pour le Burkina Faso, à la fois pour les revenus ruraux, l’emploi et les exportations. Mais elle traverse depuis plusieurs années une crise marquée par l’insécurité dans certaines zones de production, la baisse des rendements et les difficultés financières de l’opérateur historique.

La campagne 2024-2025 enregistre d’ailleurs une production de coton graine de 286 623 tonnes, contre 386 794 tonnes un an plus tôt, soit une baisse d’environ 26%. Ce recul illustre l’ampleur des fragilités auxquelles fait face la filière et explique, en partie, le choix de l’État de reprendre le contrôle total de son principal outil industriel.

Un pari sur la souveraineté économique

Cette nationalisation s’inscrit dans une série de décisions prises par Ouagadougou depuis 2024 dans des secteurs jugés stratégiques. Le gouvernement burkinabè a déjà engagé des réformes similaires dans les mines et dans plusieurs entreprises industrielles, avec l’idée de renforcer la souveraineté économique nationale.

Dans le cas de la SOFITEX, l’enjeu dépasse la simple restructuration d’une société en difficulté. Il s’agit aussi de sécuriser une filière qui fait vivre des millions de personnes et de lui redonner un rôle moteur dans l’industrialisation du pays. Le gouvernement affirme vouloir injecter davantage de ressources et réorganiser le fonctionnement de l’entreprise pour améliorer ses performances.

Quels effets attendre ?

À court terme, cette décision peut rassurer une partie des producteurs si elle permet de fluidifier les paiements et de restaurer la confiance. Elle pourrait aussi donner à l’État plus de latitude pour piloter les investissements, la gouvernance et la stratégie commerciale de l’entreprise.

Mais la nationalisation ne suffira pas, à elle seule, à résoudre les problèmes structurels de la filière. La relance du coton burkinabè dépendra aussi de la sécurité dans les zones de production, de la maîtrise des coûts, de l’accès aux intrants et d’une gestion rigoureuse de la SOFITEX. Sans ces conditions, le changement d’actionnaire risque de n’être qu’un premier pas dans un chantier beaucoup plus large.

Conclusion

En prenant le contrôle total de la SOFITEX, l’État burkinabè fait le choix d’une intervention directe pour tenter de sauver et relancer une filière stratégique. Cette décision traduit une volonté claire de souveraineté économique, mais sa réussite dépendra de la capacité des autorités à transformer ce changement de gouvernance en résultats concrets pour les producteurs et pour l’économie nationale.

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