Le président ghanéen John Dramani Mahama a fermement exigé la fin des exportations de noix de cajou brutes pour favoriser une transformation locale, une mesure annoncée lors d’un sommet clé sur les cultures arbustives. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des ressources agricoles du Ghana, touchant également le karité et le caoutchouc.
Contexte de l’annonce
John Dramani Mahama a fait cette déclaration le 17 février 2026, à l’ouverture du Ghana Tree Crops Investment Summit à Accra, organisé par la Tree Crops Development Authority avec le soutien de la Banque mondiale. Thème du sommet : « Croissance durable par les investissements dans les cultures arbustives : Réinitialiser et bâtir l’économie verte du Ghana ». Il a invité les entreprises étrangères exploitant des noix brutes à installer des usines locales ou à quitter le marché, soulignant que le Ghana refuse désormais d’exporter brut pour réimporter transformé à prix fort.
Enjeux économiques pour le Ghana
Le secteur de l’anacarde emploie environ 890 000 personnes, principalement des petits producteurs dans les régions de Brong Ahafo, Bono East et Savannah, qui vendent des noix brutes à bas prix pour un traitement à l’étranger, souvent en Inde. Actuellement, le Ghana exporte massivement brut, perdant une valeur ajoutée colossale : la transformation multiplie les revenus par plusieurs. L’objectif gouvernemental est de traiter localement 50 à 60% des cultures arbustives annuellement, via des parcs agro-industriels, incitations fiscales et renforcement de la régulation.
Mesures et projets phares
Mahama a relancé le projet de diversification des cultures arbustives ($200 millions, Banque mondiale), distribuant 7,8 millions de plants d’anacarde à plus de 30 000 agriculteurs et accordant des subventions à 185 PME. Il a dirigé la Tree Crops Development Authority et COCOBOD pour accélérer les résultats concrets, loin du « paperasse ». Cette politique s’aligne sur la vision d’une économie 24 heures, créant emplois et réduisant la dépendance aux matières premières, comme pour le cacao colonial.
Implications pour l’Afrique de l’Ouest
Cette exigence renforce la souveraineté économique africaine en matière de commodités, un enjeu majeur pour des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin, leaders mondiaux en anacarde. Succès potentiel : multiplication des revenus paysans, industrialisation rurale et exportations de produits finis (huile, lait, jus), boostant le PIB ghanéen vers 12 milliards de dollars d’exportations arbustives d’ici 2035. Les investisseurs étrangers sont appelés à bâtir des usines ultra-modernes pour une économie verte et résiliente.
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