Vers une reprise durable et structurée
2,3 milliards d’euros d’indemnités ont été versés en 2025 pour couvrir les retards de salaires et les indemnités de 212 000 salariés, dont 85 % travaillent dans des sociétés de moins de dix salariés.
L’année 2025 a été marquée par une contraction générale de l’activité, une chute des mises en chantier et la destruction d’emplois, notamment dans les très petites entreprises. L’instabilité politique et réglementaire a affaibli la confiance des ménages et des artisans, qui préfèrent désormais épargner plutôt qu’investir. La construction de logements neufs, la rénovation et même les projets de transition énergétique ont été ralentis.
Les données confirment ce recul. Au troisième trimestre 2025, le chiffre d’affaires du secteur a diminué de 6 %, tandis que les mises en chantier de logements neufs ont chuté de 16 % sur un an. L’emploi salarié a également reculé de 4 %, touchant surtout les TPE. Les contrats d’apprentissage sont rares : pour la deuxième année consécutive, de nombreux jeunes n’ont pas trouvé d’entreprise pour se former, ce qui freine l’avenir des métiers artisanaux.
Le nombre d’entreprises employeuses a lui aussi diminué de plus de 6 %, malgré une hausse moyenne des salaires de 1,6 %. Les petites structures peinent à recruter et à innover, ce qui fragilise leur développement. Les défaillances, souvent silencieuses, concernent principalement les entreprises de moins de dix salariés et les auto-entrepreneurs. Les structures établies de longue date ne sont pas épargnées, illustrant la difficulté à maintenir une activité stable.
Pour 2026, plusieurs leviers sont envisagés pour redresser le secteur. La rénovation énergétique, l’accès facilité aux marchés publics, la formation à la gestion et au pilotage d’entreprise, ainsi que l’innovation dans les TPE sont jugés prioritaires. Une refonte de la gestion des déchets adaptée aux petites structures est également nécessaire pour limiter les coûts et favoriser une reprise durable.
Malgré ce contexte difficile, le secteur conserve un rôle central dans l’économie et la vie sociale. Les artisans sont considérés comme une force de stabilité territoriale et économique, capable de soutenir l’emploi et la cohésion locale. La réussite de ces mesures pourrait permettre aux petites entreprises du bâtiment de surmonter la crise et de préparer un avenir plus solide pour les jeunes et les salariés du secteur.





