Economie africaine : Les pays les plus endettés

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Economie africaine : Les pays les plus endettés

Plusieurs pays africains affichent aujourd’hui des niveaux d’endettement record, au point que le FMI classe plus de la moitié des pays à faible revenu du continent en situation de risque élevé ou de surendettement. Cette montée de la dette se traduit par une pression croissante sur les budgets publics, où le service de la dette concurrence désormais des postes essentiels comme la santé et l’éducation.

Les pays les plus endettés selon le FMI

En considérant les données récentes du FMI, certains pays se distinguent par des ratios dette/PIB ou des encours de dette particulièrement élevés. Ces chiffres traduisent à la fois le poids de la dette accumulée et la vulnérabilité de leurs économies face aux chocs externes.

  • En ratio dette/PIB, le Soudan figure en tête avec un niveau augmentant à plus de 200%, certains calculs évoquant même plus de 270%.
  • Des pays comme le Sénégal, la Zambie, dépassent le Cap-Vert ou le Mozambique avec 100% de dette par rapport à leur PIB, selon les dernières estimations du FMI.
  • En valeur absolue de dette externe, l’Afrique du Sud (environ 170 milliards de dollars), l’Égypte (environ 165 milliards), le Maroc, l’Angola, le Nigeria ou encore la Tunisie comptent parmi les plus gros emprunteurs du continent.

Quand le service de la dette étrangle les budgets ?

Au-delà des montants bruts, c’est la charge annuelle du service de la dette qui illustre la gravité de la situation. Plus la dette est élevée et chère, plus le remboursement des intérêts et du principal absorbe les recettes publiques, au détriment des dépenses sociales et d’investissement.

Quinze pays africains figurent dans le Top 20 mondial des États où le ratio service de la dette extérieure/recettes publiques est le plus élevé, avec des cas comme l’Angola, la Zambie, l’Égypte, Djibouti, la Tunisie ou le Bénin.

Entre 2019 et 2021, 25 pays africains ont dépensé plus pour les intérêts nets de la dette que pour la santé, selon des analyses reprises à partir des données FMI.

Le FMI rappelle que pour de nombreux pays, la part des recettes consacrées au service de la dette a plus que doublé depuis le début des années 2010.

Pourquoi la dette africaine s’est envolée ?

L’explosion de la dette publique africaine est le résultat d’un enchaînement de crises et de choix structurels. La pandémie de Covid‑19, la guerre en Ukraine, la flambée des prix des matières premières et l’augmentation brutale des taux d’intérêt mondiaux ont fragilisé les finances publiques déjà sous tension.

  • La dette moyenne de l’Afrique subsaharienne est passée autour de 30% du PIB au début des années 2010 à près de 60–70% aujourd’hui, selon les estimations consolidées à partir des données du FMI.
  • La fragmentation des bailleurs (FMI, Banque mondiale, Chine, marchés obligatoires, privilèges privés, institutions régionales, etc.) a multiplié les sources de financement, mais aussi les risques et les coûts de renégociation.
  • Le renforcement de la politique monétaire dans les pays développés renchérit le coût du refinancement, rendant chaque nouveau prêt plus cher pour des États déjà très endettés.

Le rôle (limité) des initiatives internationales

Face à ces tensions, les initiatives internationales ont jusqu’ici produit des résultats mitigés. Si des dispositifs comme l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) ou le Cadre commun du G20 ont offert un répit, ils n’ont pas permis de traiter en profondeur le problème de solvabilité de plusieurs pays africains.

  • Le Cadre commun du G20 n’a réduit la dette des pays à haut risque que d’environ 7% en moyenne pour les quelques États qui y ont eu recours (Zambie, Ghana, Éthiopie, Tchad).
  • De nombreux pays surendettés continueront de privilégier le remboursement pour rester crédibles sur les marchés, plutôt que de demander une restructuration jugée lente et incertaine.
  • Le cadre conjoint FMI–Banque mondiale d’analyse de la viabilité de la dette conditionne désormais l’accès aux ressources concessionnelles (dons, prêts très bonifiés) en fonction du niveau de risque de surendettement.

Quels enjeux pour l’avenir des économies africaines ?

Cette montée de l’endettement pose plusieurs défis majeurs pour le développement du continent. Elle limite la capacité des États à financer les infrastructures, la transition énergétique ou les politiques sociales, et accroît le risque de crises financières et de déstabilisation politique.

  • Pour le FMI, la priorité est d’améliorer la transparence de la dette, d’élargir la base fiscale et de renforcer la qualité de la dépense publique afin de maximiser l’impact de chaque emprunt.
  • Les économistes plaident également pour une réforme en profondeur de l’architecture financière internationale, afin d’offrir des mécanismes de restructuration plus rapides et plus équitables pour les pays surendettés.
  • Pour les gouvernements africains, le défi sera de trouver un équilibre entre recours au financement extérieur, mobilisation des ressources internes et recours croissant à des instruments innovants (obligations vertes, financements liés aux résultats, swaps dette-climat).
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