L’OPMR fixe ses priorités
L’Observatoire des prix, des marges et des revenus de La Réunion (OPMR) s’inquiète de la chute du nombre de contrôles en 2025, avec seulement 24 magasins inspectés contre plus de soixante les années précédentes.
Cette baisse met en doute la fiabilité du Bouclier qualité-prix (BQP), notamment sur l’affichage, la disponibilité des produits et la cohérence des prix entre rayon et caisse.
Réuni le 12 décembre, l’OPMR a défini dix priorités pour améliorer le BQP 2026. En tête figure la généralisation du « panier péï » dans toutes les enseignes, le renforcement du suivi des magasins par le pôle concurrence de la DEETS et une meilleure visibilité des produits en rayon. L’institution demande également la mise en place d’un plan de contrôle rigoureux, conformément à la circulaire gouvernementale du 10 juillet sur la vie chère.
Trois études indépendantes viennent confirmer ces constats. La première, menée par le cabinet Pigé !, montre que six foyers sur dix se sentent contraints dans leurs achats ou ont des difficultés financières. Le prix reste le critère principal, loin devant la qualité ou l’origine locale. Même si 71 % des foyers consomment des produits BQP au moins occasionnellement, beaucoup ignorent combien de produits sont concernés et jugent leur visibilité insuffisante.
La deuxième étude, réalisée par le cabinet Echoes, révèle que seules trois enseignes sur sept ont réellement mis en place le panier péï. Certaines l’ont rebaptisé sans mention du logo BQP, et la visibilité reste très variable. L’OPMR recommande un nom unique, un affichage clair du prix total et la mise en avant des économies réalisées pour encourager l’achat local.
La troisième enquête montre que les prix à La Réunion restent en moyenne 13 % plus élevés qu’en métropole pour un panier de 130 produits comparables, et 21 % pour les produits alimentaires seuls. Malgré tout, l’île demeure la moins chère des DROM. Entre 2023 et 2025, l’inflation sur les produits BQP a oscillé entre 7 et 11 %, un rythme proche de celui de la métropole.
Parmi les autres recommandations : la création de sous-paniers par catégories (alimentaire, hygiène, entretien), le doublement des produits BQP bricolage, un BQP auto pour les pièces de sécurité et l’élargissement à des secteurs comme les services bancaires, la parapharmacie ou le numérique. La suppression des marges arrières et la modulation de la TVA sont aussi encouragées pour plus de transparence.
Ces mesures visent à rendre le BQP 2026 plus visible, à valoriser les produits locaux et à limiter l’écart des prix avec la métropole, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste fortement éprouvé.





