Les taxes freinent l’accès à internet
La réduction des tarifs de connexion à Madagascar reste un sujet épineux. Les opérateurs télécoms refusent de diminuer leurs prix tant que l’État n’allégera pas certaines taxes jugées trop lourdes. Ces prélèvements fiscaux représentent environ 215 milliards d’ariary, l’équivalent du budget annuel d’un département ministériel.
Parmi les taxes pointées du doigt figurent le droit d’accise, la taxe sur les transactions mobiles et celles sur les téléphones vendus moins de 100 dollars, selon le Ministre du Développement numérique, Mahefa Andriamampiadana, lors d’une émission télévisée le 24 novembre.
Pour le gouvernement, ces taxes sont essentielles. Le Secrétaire Général du ministère de l’Économie et des Finances, Iouri Garisse Razafindrakoto, explique qu’elles représentent plus de 11 % du chiffre d’affaires du secteur, estimé à 1 938 milliards d’ariary en 2024. Supprimer ces taxes aurait donc un impact considérable sur les finances publiques. « Accepter une telle demande serait impossible et mettrait en danger le fonctionnement des services essentiels », a-t-il précisé.
Malgré ce bras de fer, le gouvernement cherche à améliorer l’accès à internet, notamment pour les établissements publics. Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Pr RAVONIMANANTSOA Ndaohialy Manda-Vy, annonce que le déploiement d’une connexion internet à tarif réduit pour les universités est en phase finale. « Cette initiative bénéficiera aussi aux bibliothèques et aux hôpitaux, contribuant à renforcer l’accès à l’information et aux services publics » a-t-il ajouté.
Dans le cadre de ce programme, les recherches menées par les étudiants de l’École Supérieure Polytechnique de Vontovorona seront mobilisées pour aider le gouvernement à réguler et surveiller les réseaux. Ces travaux serviront de support technique pour améliorer la gestion des infrastructures numériques.
Quatres ministères ont participé à l’émission, notamment ceux en charge des Développement Numérique des Postes et des Télécommunications de la Communication et de la Culture, ainsi que le ministère de l’Économie et des Finances. Tous ont souligné la nécessité de solutions concertées pour répondre aux besoins de la population.





